28.5.07

Nous n'avons fait que fuir


Long poème de Bertrand Cantat.

J'ai entendu dire qu'il sortirait cet été.
Partagée entre joie et doute.
Je n'arrive pas à comprendre la tragédie.
La vraie.
Car je ne vois que l'artiste, le génie de cet homme, et j'ai peur qu'il ne rejoigne le cercle des poètes disparus.
Qu'il n'ai plus l'envie.
Plus le coeur.
Plus les mots surtout.
Egoïste, oui.
Epicurienne, beaucoup.

Et il pleut sans cesse ces jours-ci.
L'eau balayant l'euphorie des soleils d'avril.
L'ivresse de l'été proche.
Comme si tout devait rentrer dans l'ordre.
J'essaie alors de m'y conformer.
De me faire une raison des choses, des gens, de la vie autour.
Je bois et je délire dans d'interminables monologues.
Puis je me réveille, et il pleut.
Alors les sombres ou trop idéalistes pensées de la nuit s'effacent et laissent place à la réalité.
Cette réalité dont je ne veux pas et que je fuis si intensément.
Qui me rattrappe pourtant chaque fois, à croire qu'il me reste un semblant de raison.
Enfoui.
Si loin.
Et pourtant mon seul lien avec ma vie d'aujourd'hui.
Je m'agrippe et j'essaie de remonter à la surface.
Eliminer ceux qui me maintiennent la tête sous l'eau.
Sans états-d'âmes.
En suis-je seulement capable ?

J'ai décidé hier soir de commencer par faire sortir Thierry de ma vie.
Par la grande porte, je lui dois au moins ça.
Je vais lui dire de ne plus m'appeler.
Car il continue de me maintenir en apné.
De me filer des rencarts de 5 mn au coin d'une rue.
De m'embrasser tendrement par sms.
Et de m'achever en me parlant de son amie.
Je ne comprends pas ce qu'il cherche.
Peut-être lui-même n'en a t'il pas idée.
Mais il me fait du mal.
Et je me fais du mal.
Alors stop.
Tu m'as fui, à moi de te fuir.
Vois si tu veux me suivre.

"C'est ma vie, et je la veux en l'aiiiiiir ! " (j'adore !)
Mais pas triste.
Oh ça non, surtout pas triste.
Je m'auto-torture suffisament.
Je n'ai pas besoin que l'on m'y aide.
Que l'on m'y pousse d'avantage.
Je ne veux pas sombrer.
Je me sens comme ces êtres maudits.
Incompris.
Géniaux et méconnus.
Oubliés.
Perdus.

Je pense qu'il m'appelera cet après-midi.
Et alors je le lui dirais.
Je sais qu'il comprendra.
Mais je l'imagine déjà me dissuader.
Avec ces mots et cette douceur qui n'appartiennent qu'à lui.
Je sais que je ne saurais résister.
Et j'espère au fond de moi qu'il ne me laissera pas faire ça.
Ce serait pourtant tellement plus simple.
Tellement plus beau.

Rester sur le souvenir de notre éphémère rencontre.
Et ne plus souffrir de ne pas savoir.


1 Comments:

At 4:28 PM, Anonymous Anonyme said...

Merci pour ton commentaire ...

 

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