Bientôt malheureuse !

Et pourtant tout est si beau aujourd'hui que je peine à le croire.
Depuis cette rencontre, je n'ai que lui en tête.
Je me lève en pensant à lui, je ne mange plus et je pense à lui, dans le train je pense à lui, au boulot ça me démange, et j'essaie de ne plus trop y penser, et le soir, le regard dans le vague, j'oublie qui je suis et pourquoi je suis là, et je pense encore à lui.
Après je ne dors pas, parce-que milles choses me traversent l'esprit.
Je me suis même relevée il y a deux jours pour me faire un énorme bédo en pleine nuit, des fois qu'il m'aurait assomé, parce-que j'en avais marre de ne pas fermer l'oeil.
Manque de pot, et comme me l'avait déjà dit un collègue il y a longtemps, le joint pour dormir c'est pas top, parce-que ça fait cogiter encore plus.
Bien que d'habitude ça ne m'empêche nullement de dormir.
Mais d'habitude, je n'ai pas de problème.
Là je crois que je vais bientôt en avoir un gros.
Un très gros, et très emmerdant.
Je suis en train de méchamment craquer pour un gars qui n'est pas le mien.
Un soir, en rentrant, je fais un petit détour pour traverser la ville.
Et je le vois, à une terrasse, avec une brune.
Mon coeur fait un bon.
Du coin de l'oeil (parce-que oui, je fais semblant de ne pas l'avoir vu donc je ne tourne pas la tête), je le vois. Il est beau. Il me plait décidément beaucoup.
Je continue mon chemin. Vers chez moi. Et presque arrivée, je fais demi-tour.
Il faut que je repasse devant eux.
En fait, j'ai un peu la rage de le savoir tranquilou en train de boire un coup avec une autre nana.
Et pourtant, je n'ai aucun droit de réagir comme ça.
Le lendemain matin je lui ai envoyé un message, via un site de sms, histoire qu'il n'ai toujours pas mon numéro.
Je lui donnais rendez-vous dans un parc, un endroit très sympa que je connais bien, et que je suis sûre qu'il connait aussi.
Rendez-vous à midi si tu veux me voir.
Je suis arrivée pile à l'heure, le coeur dans les chaussettes (nan, je n'en portais pas, il faisait trop beau pour ne pas sortir la petite robe d'été qui tue !).
Il y avait un mec, qui était là, faisant les cents pas, il semblait attendre quelqu'un.
J'ai tout de suite pensé qu'il n'avait pas pû venir et avait envoyé quelqu'un me le dire.
Exactement.
En fait il bossait. Et ça j'aurais dû y penser. Mais en ce moment, je ne pense plus vraiment à rien d'autre qu'à lui. Même pas à ce qu'il fait ou ne fait pas.
Non, juste à lui.
Le jeune homme est charmant, le message est passé. "Rappelle-moi ou laisse-moi ton numéro".
J'ai dit que je rappelerais. Peut-être. Et merci.
Au lieu d'être blasée, déçue, je suis repartie le coeur léger.
J'ai trouvé ça très romantique qu'il envoi quelqu'un pour ne pas me laisser en plan.
Et j'ai continué à penser à lui toute la journée.
Trop dur. Trop long.
Mais je ne l'ai pas appelé. Un peu de suspens quand-même.
Bon, cela dit, j'ai tenu bon jusqu'au lendemain midi, ce qui ne fait qu'à peine 24h.
Pitoyable.
On s'est donné rendez-vous le soir, à la gare, il m'attendrait.
Longtemps surement, parce-qu'il quitte beaucoup plus tôt que moi.
Mais il avait l'air de s'en fiche.
Tant mieux.
Et plus les stations défilaient, plus je me sentait comme un vieux chamallow oublié au coin du feu.
J'ai bien du relire 3 fois la même page de mon livre, et je suis finalement incapable d'en redire ne serait-ce qu'un mot.
Des frissons dans le ventre (hein Cochaoïne), et partout partout.
Et ça me fait ça chaque fois que je pense à lui.
C'est surtout ça qui me fait peur.
Jusqu'à présent j'avais fantasmé, ou à de rares occasions, mis en pratique, mais jamais je n'avais ressenti cela.
Du moins pas depuis longtemps.
Très, trop.
Je l'ai déposé près de chez lui, et je n'avais pas envie de le voir partir.
Un bisou, sur la joue, tout doux, et je me suis envolée sur mon petit nuage.
Je sens que cette histoire va être difficile, car je n'ai pas envie qu'elle s'arrête là.
Elle ne peut pas s'arrêter là.
Je cours à ma perte. Je me sens étrangère chez moi. Les mains de mon homme me gênent.
Et pourtant je tiens tellement à lui, et à ne pas lui faire de mal.
Surtout, ne pas lui faire de mal, lui qui a déjà trop souffert.
Je n'imagine pas une vie sans lui.
Je n'imagine pas passer l'éponge sur ces 9 années ensemble, sur ce que nous avons construit, sur nos projets. Sur lui.
Là, je suis dans l'impasse.
Et je vais faire un connerie, parce-que mon coeur me le dicte et que je n'ai jamais eu d'emprise sur lui.
Pendant ce temps Cunnie me susurre "life goes on" à l'oreille.
Et moi, j'ai envie de lui dire "ta gueule", et au lieu de ça, j'en repasse une couche avec Aaron, parce-que je dois trouver que je ne suis pas assez mélancolique comme ça.


3 Comments:
J'vois la sensation ... ne crois tu pas que ce n'est que de 'lattirance physique? ou due à une "mystériosité" de ce fameux jeune homme ou peut-être bien au fait que tout ça se passe comme dans un film?
Si, c'est clair, tu as entièrement raison.C'est toujours plus facile de se dire qu'il a l'air vraiment bien quand on ne le connait pas encore très bien. Comme on dit, l'herbe parait plus verte ailleurs. Mais bon, je ne pense pas être capable d'aimer quelqu'un sur qui je n'aurais pas d'abord flashé physiquement. Ca a toujours été comme ça. En attendant, je souffre en silence, et ça va vite me gonfler !
Merci d'être là, ça fait du bien de pouvoir en parler !
J'arrive pas à prendre sur moi pour la soirée de ce soir, j'en fait toute une montagne alros que Bry n'a même pas encore vu M. et déjà je stresse, et déjà j'envisage le pire... Je suis mal. Et t'es la seule à qui je puisse le dire, merci d'être là pour moi, Lilou.
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