Nous n'avons fait que fuir

Long poème de Bertrand Cantat.
J'ai entendu dire qu'il sortirait cet été.
Partagée entre joie et doute.
Je n'arrive pas à comprendre la tragédie.
La vraie.
Car je ne vois que l'artiste, le génie de cet homme, et j'ai peur qu'il ne rejoigne le cercle des poètes disparus.
Qu'il n'ai plus l'envie.
Plus le coeur.
Plus les mots surtout.
Egoïste, oui.
Epicurienne, beaucoup.
Et il pleut sans cesse ces jours-ci.
L'eau balayant l'euphorie des soleils d'avril.
L'ivresse de l'été proche.
Comme si tout devait rentrer dans l'ordre.
J'essaie alors de m'y conformer.
De me faire une raison des choses, des gens, de la vie autour.
Je bois et je délire dans d'interminables monologues.
Puis je me réveille, et il pleut.
Alors les sombres ou trop idéalistes pensées de la nuit s'effacent et laissent place à la réalité.
Cette réalité dont je ne veux pas et que je fuis si intensément.
Qui me rattrappe pourtant chaque fois, à croire qu'il me reste un semblant de raison.
Enfoui.
Si loin.
Et pourtant mon seul lien avec ma vie d'aujourd'hui.
Je m'agrippe et j'essaie de remonter à la surface.
Eliminer ceux qui me maintiennent la tête sous l'eau.
Sans états-d'âmes.
En suis-je seulement capable ?
J'ai décidé hier soir de commencer par faire sortir Thierry de ma vie.
Par la grande porte, je lui dois au moins ça.
Je vais lui dire de ne plus m'appeler.
Car il continue de me maintenir en apné.
De me filer des rencarts de 5 mn au coin d'une rue.
De m'embrasser tendrement par sms.
Et de m'achever en me parlant de son amie.
Je ne comprends pas ce qu'il cherche.
Peut-être lui-même n'en a t'il pas idée.
Mais il me fait du mal.
Et je me fais du mal.
Alors stop.
Tu m'as fui, à moi de te fuir.
Vois si tu veux me suivre.
"C'est ma vie, et je la veux en l'aiiiiiir ! " (j'adore !)
Mais pas triste.
Oh ça non, surtout pas triste.
Je m'auto-torture suffisament.
Je n'ai pas besoin que l'on m'y aide.
Que l'on m'y pousse d'avantage.
Je ne veux pas sombrer.
Je me sens comme ces êtres maudits.
Incompris.
Géniaux et méconnus.
Oubliés.
Perdus.
Je pense qu'il m'appelera cet après-midi.
Et alors je le lui dirais.
Je sais qu'il comprendra.
Mais je l'imagine déjà me dissuader.
Avec ces mots et cette douceur qui n'appartiennent qu'à lui.
Je sais que je ne saurais résister.
Et j'espère au fond de moi qu'il ne me laissera pas faire ça.
Ce serait pourtant tellement plus simple.
Tellement plus beau.
Rester sur le souvenir de notre éphémère rencontre.
Et ne plus souffrir de ne pas savoir.
De la poudre aux yeux

Je me demande si je n'ai pas déjà utilisé ce titre, mais en même temps, j'ai pas envie de vérifier ça maintenant... alors, tant pis !
C'est le blues aujourd'hui.
Ca a commencé ce matin, quand je me suis effondrée en larmes sur un article pas du tout triste dans le journal.
Je ne sais pas si c'est parce qu'un violoniste jouait au même moment un sublime morceau dans mon wagon.
Mais ça m'a retourné.
Et je n'aime pas ça.
Je pensais à Thierry.
Encore. Toujours.
Il m'a appelé mercredi.
Pour avoir de mes nouvelles. Comme ça.
Et puis je l'ai croisé plus tard, il m'attendait près de ma voiture pour me faire un bisou.
Mon fils était là, et content de le voir.
Il m'a dit ensuite qu'heureusement qu'il avait eu un problème de vélo, sinon je ne l'aurais jamais connu.
J'ai souri.
Et je me suis dit qu'il ne savait pas à quel point il avait raison.
De raison, j'essaie de m'en faire une.
Et parfois je crois y être arrivé.
Et puis non.
Je me rends compte à un moment ou à un autre qu'il n'a quitté ni mes pensées ni mon coeur.
Et ça me fait chier.
Vraiment.
Parce-que je suis malheureuse et je me ronge les sangs.
Parce-que j'attends de lui ce qu'il ne peut manifestement me donner.
Et je continue à garder une lueur d'espoir qui n'existe que dans ma tête.
Il ne me dissuade pas de m'attacher à lui.
Mais je n'arrive pas à comprendre pourquoi.
Il m'a dit qu'il avait eu peur que je ne quitte pas mon ami, ou que je retourne avec lui, et qu'il se retrouve encore dans cette situation qu'il connait depuis trop longtemps :
Celui qui aime et qui est triste.
Donc c'est moi qui prends.
Est-ce juste ?
Lui ou moi, qu'importe.
Je crois qu'il souffre aussi de me savoir éprise et mélancolique.
Allez savoir que faire alors que je ne vois et n'entends que ce que je veux !
Va donc au diable

Une nouvelle semaine. La tête et le coeur encore pleins des derniers évènements.
Mouvementés.
Pour finir avec mardi dernier, j'ai eu la surprise en rentrant de trouver Thierry qui m'attendait à la gare, avec une rose pour mon anniversaire. Une belle rose blanche. Ca m'a beaucoup touché.
J'avais prévu d'aller le soir voir une amie un peu dans la déprime.
Histoire qu'on déprime à deux...
Thierry m'avait dit de lui envoyer un texto en rentrant. Au cas où il serait seul.
Ma sortie n'a pas plu à mon homme, du coup je suis rentrée du travail et repartie 10 mn après.
Et à ce moment là, je n'avais plus rien à faire de rien.
La terre aurait pû s'arrêter de tourner, ça n'aurait rien changé.
Chez mon amie, j'ai bu, un peu, du rhum, et fumé quelques bonnes beu toutes fraîches arrivées de Dam. White Widdow, Orange Bud, Jamaïcaine...
Autant dire que quand je suis repartie, vers 1h du mat', je n'étais moi-même plus très fraîche.
J'ai quand-même envoyé un message à Thierry.
Il m'a attendu, et on est allé au parc.
On a fumé, écouté de la musique, et discuté encore et encore.
J'adore ce mec.
C'est dommage.
Il me demande un peu de temps. Un petit peu de temps.
Je rentre dans la nuit, pas mal azimutée, et mon mec me dit que demain il s'en va.
Je suis triste, mais trop die pour dire quoi que ce soit.
Je réponds juste que c'est mon anniversaire, et que ça ne se fait pas.
Des fois on a des réactions cons.
Tout le mercredi j'ai préparé ma fête d'anniversaire, car j'avais invité des amis, et je ne voulais pas annuler au dernier moment.
Complètement dans le cirage, je n'ai pas vu la journée passer.
Je n'ai pas vu non plus la soirée.
Mon homme est resté, en me disant qu'il partirait le lendemain matin.
On ne s'est pas parlé du tout, et je ne sais même pas comment j'ai fait pour occulter ça et passer une à peu près bonne soirée.
Puis, très émechée, j'ai envoyé un texto à Thierry, qui en substance disait que c'était mon anniversaire, que je ne pensais qu'à lui, et que ce n'était pas normal.
Pas de réponse.
Le lendemain, toujours pas de réponse.
J'ai douté d'avoir composé le bon numéro, tant j'étais ivre.
Jeudi, je suis rentrée chez moi après un tournoi, et je me suis rendue compte que mon homme allait partir, et je me suis sentie complètement abattue.
La roue avait tourné, je n'étais plus en position de force, plus maître de la situation.
Est-ce que j'avais vraiment envie de mettre un terme à tout ça ?
Est-ce qu'il n'y a pas quelque chose à sauver de ces 9 années passées ensemble ?
Nous avons discuté pendant 4 heures, de tout ce qui n'allait pas et de tout ce qu'il fallait qu'on fasse.
L'essentiel des torts lui reviennent, et il en convient parfaitement.
Nous avons trouvé un accord.
Nous avons décidé de tenter le tout pour le tout et de se redonner une chance.
Je me suis dit que j'avais jusque ici fait beaucoup de sacrifices pour être avec lui, et que ça valait la peine d'essayer encore une fois.
Peut-être la dernière.
Peut-être la bonne.
Aujourd'hui je n'en sais rien.
Puis nous sommes partis samedi comme prévu en week-end pour une fête familiale.
En partant, je m'arrête à la boulangerie, et je tombe sur Thierry.
Qui m'a vu avec mon copain.
Il tire la tronche.
Me dit que l'autre soir mon sms tombait mal.
Il était avec sa copine, et il l'a supprimé sans avoir pu le lire entier.
Je me dit au fonds tant mieux.
Et sur la route, je lui en envoie un autre.
Je lui dit notamment que j'ai compris qu'il ne quittera pas sa copine, et que ça m'a mis une claque.
Pas de réponse.
Dimanche pas de réponse.
Je suis peut-être encore mal tombée.
Je ne sais plus quoi penser ni quoi lui dire.
Ce midi je l'appelle car je savais qu'il devait reprendre le boulot aujourd'hui.
Et je tombe... sur sa meuf !
Il n'est pas du tout au travail, mais tranquilou avec sa copine qui se permet déjà de répondre à son téléphone quand il prend sa douche !
Je lui dit des banalités.
Il est gêné.
Je raccroche.
Le coeur un peu en miettes.
Et un peu rassurée aussi.
J'aurais tout foutu en l'air pour un mec qui n'est même pas capable de me dire les choses comme elles sont.
J'ai vraiment les boules, et j'espère que le temps va guérir tout ça.
Pour le moment je vais m'occuper de celui qui m'aime et qui a toujours été là pour moi, car il a des problèmes et il a besoin que je sois auprès de lui.
Si tout va bien j'aurais gagné.
Si ça part en vrille j'aurais au moins essayé.
Il le mérite et moi aussi.
J'ai dit à Thierry qu'il m'appelle, moi je ne le ferais plus.
Si il a des couilles il m'appelera au moins pour m'expliquer.
Sinon je finirais bien par le croiser et il sera plus mal à l'aise que moi.
J'essaie de positiver et de repartir du bon pied.
C'est dur en fait.
J'espère en avoir le courage.
J'espère en avoir le coeur.
Smile

Ce matin j'avais le sourire, et je me trouvais jolie devant la glace.
Il y a des jours comme ça.
Rares. Mais si bons.
Je savais que j'allais voir Thierry ce soir. Enfin j'espèrais, car on ne peut jurer de rien.
Le coeur léger donc.
En prenant mon petit dej, j'allume mon téléphone.
J'ai deux messages. Un texto. Un vocal.
Le texto est de Thierry, il me dit qu'il m'appelera ce midi pour voir où on se retrouve.
Le second, une heure plus tard, est encore de lui, pour me dire qu'en fait il rentre, car son boulot a été annulé.
On s'est retrouvé à la gare, et on a été prendre un café.
Il avait l'air fatigué, et moi j'étais toute pimpante. Toute fofolle. Une vraie gamine.
Puis il a pris le train avec moi, jusqu'à Paris, alors qu'il en revenait.
On a parlé de nous.
Il craque, je le vois dans ses yeux.
Et avec "l'autre", non seulement ça ne va pas, mais il ne pense qu'à moi.
Je connais ça.
Ne pas être à un moment donné là où on voudrait être. Avec qui l'on voudrait.
Je lui dis que c'est bien fait pour lui, et ça l'amuse.
Je crois qu'il est sincère quand il me dit que c'est parce-que je suis avec quelqu'un qu'il a voulu tout arrêter.
Objectivement, je le crois.
Mais je ne lui ai pas dit toute la vérité, à savoir que je suis retournée chez moi, et dans quelles conditions.
J'ai juste dit que pour l'instant j'étais rentrée.
Est-ce qu'il a vraiment besoin d'en savoir plus maintenant.
Moi j'ai besoin de me protéger de tout ça.
Lui aussi est d'accord que de toute façon dans un couple ça finit toujours par être sur fond d'ennui. Le tout est d'arriver à tuer cette monotonie qui mine.
Alors autant bien choisir celui avec qui l'on veut partager ça, entre les courses, la vaisselle, les mômes et le ménage.
D'un coup, c'est vachement moins sexy.
Et c'est pourtant tellement la réalité.
J'ai passé un moment très agréable.
Il m'a tendrement embrassé dans le train. Sur la joue. Et je ne lui aurait rien laissé d'autre de toute façon.
Si il me veut il va galérer, parce-que je ne repartirais pas tête baissée dans une nouvelle histoire foireuse.
A moins que je n'accepte son invitation de ce soir.
C'est très risqué.
Et en même temps j'en ai tellement envie...
Dans la matinée, j'ai reçu un texto, il me disais merci pour mon sourire.
Du coup, je l'ai jusqu'aux oreilles et il n'est pas près de me lâcher !
Ma-laaaa-de !

Complètement ma-laaa-de !
Ca, c'était samedi soir. Voir dimanche matin. Les oiseaux gazouillais me semble-t'il.
Je les ai entendus dans un vague echo.
J'ai pris sur moi d'essayer d'arranger les choses dans ma vie, parce-que je ne peux pas continuer comme ça.
Une longue discussion avec un ami m'a un peu éclairé.
Je crois qu'il faut tout essayer avant de quitter le navire.
Selon lui, il faut relativiser l'euphorie d'une rencontre, car la nouveauté paraît forcément attrayante.
Mais au fond, qui me dit que ce sera mieux ?
La question à se poser est de savoir avec qui l'on a envie de se faire chier toute sa vie.
C'est marrant, je ne voyais pas du tout ça comme ça.
Idéaliste, un peu trop, je crois à la passion, je crois à l'amour, et je n'écoute bien souvent que mon coeur.
Il ne me serait pas venu à l'idée de partager ma vie avec quelqu'un que je n'aime pas passionément.
Et pourtant, tout le monde s'accorde à le dire, la passion ne dure qu'un temps.
Qu'un temps, d'accord, oui mais combien ?
Quelques jours, semaines, mois, années ?
J'aime l'idée de prendre ce risque.
Et je déteste celle de devoir vivre avec quelqu'un pour qui l'on ne vibre plus.
Je ne jetterais jamais la pierre aux séparés, aux divorcés, aux infidèles, même si je n'ai pas envie que cela m'arrive, je ne peux que trop comprendre.
Je viens de finir un pavé sur la vie de Marylin Monroe.
Une enquête sur son assassinat. Très étayée.
Et je ne peux m'empêcher de penser qu'elle est morte d'avoir trop aimé, et trop voulu être aimée.
Son coeur a eu raison d'elle, de sa vie.
Je me suis retrouvée dans bien des passages.
Je savais que Thierry n'était pas là jusqu'à dimanche soir. Alors j'ai essayé de me faire une raison. Je ne le verrais pas avant plusieurs jours, que ce soit volontaire ou par hasard.
Mais j'ai cherché quand-même, des fois qu'il m'aurait menti.
Et malgré toutes mes tentatives, personne.
Pas lui en tout cas.
Quelque part tant mieux. Je n'aurais pas voulu le croiser avec son "amie".
Vendredi soir il m'a appelé, pour savoir si ça allait.
Mouaif. Bof. J'ai essayé de ne pas avoir l'air trop déprimée.
Il m'a dit qu'il fallait que l'on parle de tout ça. Mais pas au téléphone.
Et m'a proposé que l'on rentre ensemble mardi soir, car il ne travaille pas lundi.
Il ajoute "mais je ne veux pas te laisser de faux espoirs".
Ce mec me tue.
Je ne sais pas ce qu'il cherche.
Peut-être juste à apaiser sa conscience.
Je saurais mardi, mais je ne sais pas encore comment réagir face à lui.
Amoureuse transie éplorée ?
Dédaigneuse ?
Nouvelle pote de bistrot ?
Quelle attitude prendre ?
Est-ce que le suis-moi je te fuis / fuis-moi je te suis fonctionne encore ?
J'ai encore quelques heures d'ici demain soir pour y penser, mais je suis un peu perdue.
Dimanche, dans l'après-midi, je lui envoie un texto :
"je pense à toi. Je me demande où tu es et ce que tu fais. A mardi j'espère."
Il me réponds quelques minutes après :
"je travaille. J'espère que tu vas bien. A mardi. Bisous."
Je me demande comment je vais vivre en sachant que je ne peux pas l'avoir.
Se connaître soi-même
"Un chemin de croix" ai-je répondu.
Monsieur Philosophe, et moi je morfle.
Assis dans ma voiture, sur un chemin de campagne, dans les volutes de nos cigarettes, j'ai le coeur si serré que je pense étouffer.
Et puis non, je garde un brin de dignité.
Et pas une larme ne roule sur ma joue.
Mes mains tremblent encore, et je le regarde dans les yeux.
Pour la dernière fois peut-être.
Cigarette sur cigarette, il m'explique.
Autant de coups de poignards que j'encaisse, la gorge nouée, tout en tentant un vague sourire.
En fait, je pense qu'hier je l'avais senti venir.
Trop naïve, ou trop désespérée, j'ai voulu croire à l'impensable.
Il m'a dit que par respect il fallait que l'on parle.
Et mon sang n'a fait qu'un tour.
Ses mots résonnent encore dans ma tête endolorie.
Il a rencontré quelqu'un, avant moi.
Il a fait une bêtise, avec moi.
Il ne supporte pas l'idée de briser mon couple.
De sacrifier un enfant.
L'autre fille est célibataire, et tout est plus simple.
Il insiste sur le fait que si j'avais été seule, on aurait été ensemble.
Il est très attiré, mais il ne veut pas de cette situation.
Il ne sait pas ce que je cherche.
J'ai moi-même du mal à répondre.
"C'est en se connaissant soi-même que l'on connaît les autres".
J'hésite entre lui en mettre une et l'embrasser.
Il a mouvement de recul, et je ravale ma fierté et ma bouche.
Je suis retournée. Comme ivre de trop de sentiments qui m'assaillent.
Je veux être avec lui, et c'est en même temps tellement de sacrifices.
Je erre. Et je le croise, quelques heures plus tard.
Large sourire, il me regarde, se retourne, jusqu'à ce que j'ai disparu de son champs de vision.
Je me dis que tout n'est pas perdu.
Il faut que je prenne une décision.
C'est la mort dans l'âme que je rentre.
Et je suis de nouveau oppressée.
Opressée au point de vouloir m'enfuir en courant de chez moi.
Il faut que je sorte.
Il faut que je lui parle.
Je vais devenir folle.
Je fume avec mon homme, qui comme moi ne va pas bien.
Je fume jusqu'à trouver le courage de lui dire les mots : "je vais partir".
Il ne désapprouve pas, il sait que nous avons atteint le fond.
Il ne sait juste pas pourquoi.
Il ne sait pas que si c'est aussi grave c'est de ma faute.
Je sais que je fais une connerie, mais je ne peux pas me résonner.
Je dois partir.
Je fais mon sac, rapidement.
Celui de mon fils, qui pleure et ne comprends rien.
J'ai le coeur serré de lui faire tant de mal.
Sur la route je m'arrête. Je sors de la voiture. J'appelle Thierry.
Je suis énervée, un peu, je lui dit :
"dis-moi que je fais une connerie"
"qu'est-ce que tu as fait ?"
"je suis partie"
"merde, je pensais pas que tu le ferais"
"..."
"pas pour moi quand-même"
"..."
la conversation dure un peu, il me demande si ça va, si je vais tenir le coup, si mon fils va bien.
Il est à deux rues de là, mais ne me propose pas de venir.
Il conclu : "je t'appelle dans la semaine, ou tu m'appelles", puis "non, je t'appelle, parce-que..."
"parce-que quoi Thierry ?"
"parce-que si je suis avec mon amie, j'ai pas envie que ça fasse des histoires"
"alors c'est officiel ?"
"non, pas officiel. J'ai pas l'intention de me mettre en ménage avec qui que ce soit".
Evidemment, je pense. Mais je ne dis rien.
Je viens de prendre le coup de grâce.
Je raccroche.
Je suis seule avec ma lourde décision.
Seule avec ma peine. Seule avec mon coeur trop lourd.
Mon fils pleure encore. La tête sur le volant je me demande comment j'ai pû faire ça.
Et je rentre.
Et mon homme est content.
Pour la première fois depuis des mois on parle. De ce qui va, et surtout de ce qui ne va plus.
C'est dur, et ça fait du bien.
Je pleure, mais je sais au fond de moi que mon retour n'en est pas la cause.
C'est dur. Je ne ferme pas l'oeil de la nuit.
Les mots tournent dans ma tête. Tous ces moments passés avec Thierry.
Je cherche le moment où ça a vrillé.
Entre samedi midi et lundi. J'en suis sûre. Je n'étais pas là, et une autre m'a damé le pion.
Je devrais me dire tant mieux. J'ai failli tout foutre en l'air pour un mec qui en a préféré une autre.
Mais je n'y arrive pas, et je pense juste à ce que j'ai perdu.
Et il me manque terriblement.
Et si j'avais été seule, la question ne ce serait pas posé m'a t'il dit. Car il était bien avec moi. Et ça me fait encore plus mal de le savoir.
Ce matin je suis passée devant l'endroit où il m'a embrassé la première fois.
J'ai fondu en larmes.
De gros sanglots étouffés par le bruit des voitures sur les boulevards parisiens.
De gros sanglots coincés dans ma gorge depuis hier.
Je suis si mal, et je ne vois pas d'issue.
J'entraîne tout le monde dans ma folie, car je fais du mal à mon homme et à mon fils.
Et même si je le regrette, je n'arrive à penser qu'à cet eteau qui me serre la poitrine.
Je fume clopes sur clopes et je ne mange plus rien.
J'ai mal à la tête et un voile devant les yeux.
Je vais mal, et j'ai envie de crier.
Pourtant, comme d'habitude, je vais me faire une raison et passer à autre chose.
Bien que là je sens que c'est plus grave.
Je suis touchée au coeur.
Et je ne sais toujours qui je suis...
En terrain glissant
Je sens que le sol se dérobe sous mes pieds, et je ne parviens pas à reprendre appui.
Plus de repères.
Plus rien à quoi me rattacher.
Complètement perdue...
J'ai revu Thierry plusieurs fois.
Dont une où il m'a embrassé.
Malgré toutes ses réticences.
Malgré tout ce qu'on a pû se dire.
Je crois qu'il a craqué lui aussi.
Et ce baiser...
J'en frissonne encore !
Le lendemain il m'a appelé, et nous sommes rentrés ensemble.
Sans trop parler de la suite, du lendemain.
Je sais qu'il n'est pas insensible à tout cela, mais pas à quel point.
Dans le train il m'a embrassé dans le cou, et j'ai cru que j'allais m'évanouir.
Jamais je n'ai ressenti cela.
Jamais je n'ai été autant submergée de sentiments.
Bizarrement, sur le coup, je n'avais en rentrant aucune culpabilité.
Et le week-end a commencé.
Le plus long de toute ma vie à en croire !
Samedi, dans l'après-midi, je l'ai croisé avec sa fille.
Quand il m'a vu, il est venu me dire bonjour.
Mais il y avait mon fils. Qui l'a reconnu.
On s'est donc contenté d'une bise et d'une petite discussion rapide.
En plus, tout le monde le connais là-bas, et moi je connais aussi pas mal de monde.
Il ne veut pas qu'on se fasse griller, parce-qu'il ne veut pas m'attirer de problème.
Et moi, aveuglée, je n'en ai rien à foutre, et j'aurais fondu sur sa bouche si sensuelle.
Samedi heureusement, petite soirée chez ma meilleure amie.
On s'est saoulées entre filles, et ça m'a fait du bien.
Sauf quand je me suis réveillée, et que j'ai eu mal au crâne tout le dimanche.
Je ne pense qu'à lui, chaque seconde, chaque instant.
Mon coeur s'emballe, je tremble, et j'ai les larmes aux yeux.
Je n'ai jamais ressenti quelque chose d'aussi fort.
J'ai du mal à assumer tout ça.
Lundi, il m'a appelé, comme convenu. Et on s'est donné rendez-vous mercredi.
Je l'ai senti distant.
Je l'ai rappelé pour en avoir le coeur net.
Il m'a juste dit qu'il ne voulait pas en parler au téléphone, qu'on verra ça mercredi.
Au 36ème dessous, je suis rentrée chez moi.
Heureusement encore, il y avait une soirée, et elle tombait très bien.
Mercredi me semblait si loin.
Et finalement, on s'est vus rapidement hier soir.
En plein milieu de la place.
J'ai encore eu droit à une bise qui a bien failli me faire flancher.
Je crois qu'il a compris que je tiens déjà beaucoup à lui.
Je crois avoir compris qu'il tient déjà beaucoup à moi.
Et c'est au plus mal que je suis rentrée chez moi.
J'ai du mal à regarder mon homme dans les yeux.
J'ai du mal à faire comme si de rien n'était.
Je l'aime énormément.
Je ne suis plus très sûre de l'aimer vraiment.
Et je me demande de quelle façon je pourrais bien lui annoncer que je m'apprête probablement à détruire sa vie.
J'aurais aimé qu'il pense comme moi.
Malheureusement, malgré tous nos coups de gueule, et les problèmes qu'il ne nie pas, il fait des efforts, et je pense qu'il m'aime sincèrement.
Pour rien au monde je ne veux lui faire de mal.
Ce sera surement lui ou moi.
Ou alors dois-je compter sur Thierry pour qu'il me dise qu'entre nous ce n'est pas possible, et tchao bye bye !
Je n'en ai pas envie.
Je me sens comme une traître.
Je suis une pourriture.
Je me déteste.
Comment est-ce que je peux faire ça ????
Et mon coeur me dis de foncer, tandis que ma raison me dis de rester.
Et je suis là, larguée, à me lamenter sur mon sort.
Tout n'est pas si facile (tout ne tient qu'à un fil !)
Tu vois Coco, la vie peut basculer très vite.
Et alors que quand la question ne se posait pas réellement sérieusement, je pensais pouvoir quitter mon homme un jour, là je ne sais plus.
Je n'ai ni la force ni le courage de lui planter ce couteau dans le dos.
Mais que faire alors ?
Je vois Thierry tout à l'heure.
Il va peut-être mettre un terme à tout ça.
Et peut-être que je serais soulagée.
Peut-être.
Ou peut-être pas.
L'indécision

Oh mon amour je n’ai aucun regret de partir
Non mais vraiment je n’ai pas le cœur à m’étendre
Sur de jolies choses passées en ta compagnie
Sur de jolies choses passées, usées pour la vie
On n’a pas su recolorier le fond de l’écran
Notre histoire pauvre en couleurs a sombré dans le gris
Assombri mon cœur ne bat plus la cadence des jours heureux,
Passés en ta présence.
Oh mon amour, le temps ne suspend plus son vol
Atterré atterri abattu en plein vol non mais dis moi vraiment
À quoi l’on ressemble après toutes ces années à vivre ensemble.
Oh mon amour je n’ai pas le courage de partir
Non mais vraiment je n’ai pas le cœur à entreprendre
De jolies choses et seul sans ta compagnie
De jolies choses passées se cognent à ma vie.Je n’ai pas su effacer le fond de l’écran
otre histoire pauvre en couleur semble indélébile
Assailli mon cœur ne bat plus la cadence
Des jours heureux passés en ta présence
Oh mon amour le temps ne suspend plus son vol
Atterré atterri abattu en plein vol non mais dis moi vraiment
À quoi l’on ressemble après toutes ces années à vivre ensemble
Voilà où j'en suis.
Merci Da Silva d'avoir mis des mots sur mes doutes.
Si je pouvais savoir ce qui c'est passé ensuite, ça pourrait peut-être aussi m'aider.
Pas de fumée sans feu

Dans un sens, je suis un peu rassurée.
Par ailleurs, encore plus paumée.
Dimanche, la journée fût particulièrement tendue.
Pourtant, je faisais des efforts pour être agréable.
Je ne veux pas tout foutre en l'air sur un coup de tête, donc je vois si les morceaux sont recollables.
En retour, mon mec a dormi presque toute la journée, et m'a adressé 3 mots.
Peut-être 4, mais je n'ai pas dû l'entendre.
Bref, j'avais tellement les boules que je ne savais plus quoi faire.
On a dîné dans un silence de mort, puis il est retourné sur ce canapé qu'il n'avait pas quitté de la journée, et s'est collé devant la télé.
Je me suis dit qu'il fallait qu'on parle. Mais manifestement, lui n'en avait pas l'intention. Captivé par le film.
Et là, miracle, coupure d'électricité dûe aux orages...
J'attaque calmement.
Il convient qu'il faut qu'on parle, et me déballe son sac.
Et là je me rends compte que tout ce que je peux avoir à son encontre, il en a de même pour moi.
Je suis partagée entre soulagement et tristesse.
Soulagement de comprendre que si je suis dans cet état de morosité récurrent, c'est bien parce-que quelque chose ne va pas entre nous, et pas parce-que quelque chose ne va pas dans ma tête.
Et triste, bien-sûr, parce-que ça ne peut pas me faire plaisir.
Nous avons conclu que depuis toutes ces années passées ensemble, on avait changé, et on s'était un peu perdu en cours de route.
Je le pense aussi, seulement je croyais être seule de cet avis.
Je propose de partir quelques jours chez mes parents.
Il me dit que non, ce n'est pas la peine.
Il m'aime, il a envie qu'on s'en sorte.
Sauver notre couple, notre famille.
Je n'arrive pas à être triste, et ça m'interpelle.
Pourquoi ?
Je n'ai pas encore trouvé la réponse.
Ce que j'ai compris, c'est que depuis longtemps je ne me sens plus aimée comme avant.
Je ne vois plus dans ses yeux cette étincelle du début.
J'ai parfois l'impression d'être de trop.
Alors que je suis accro à la passion.
Comment le lui faire comprendre.
Et dois-je le lui faire comprendre ?
Lundi, j'ai vu Thierry, et on a beaucoup parlé.
Il est droit et intelligent, il a vite compris la situation.
Il m'a dit aussi que je devais régler mes problèmes, discuter avec mon ami, et penser à ma famille.
J'ai trouvé ça très courageux de sa part, car je sens bien qu'il a pour moi ce que j'ai pour lui, et que son coeur doit lui crier tout autre chose.
Mais il veut me rassurer. Me dire qu'il sera là pour moi, mais que j'ai quelqu'un dans ma vie, et qu'il ne se passera rien entre nous.
J'en crève d'envie pourtant, mais je sais que c'est lui qui a raison.
Je ne peux pas jouer avec mon couple, comme je ne peux pas jouer avec lui.
Il me l'a fait comprendre. Avant de me filer rendez-vous pour déjeuner ce midi.
Je ne sais pas ce qu'il adviendra de cette relation, mais pour la première fois depuis très longtemps, j'ai trouvé quelqu'un a qui parler. Quelqu'un qui m'écoute et me comprend, quelqu'un sur la même longueur d'ondes que moi, et quelqu'un de bien, à ne pas en douter.
Et ça, c'est énorme.
Pourquoi cette impression d'avoir le cerveau en compote ?
Tout est confus, je me prends beaucoup la tête...