Fatale
Les hommes en ce moment me renvoient une image de moi qui n'est pas celle à laquelle j'étais habituée.Depuis mercredi, et suite à mon craquage de bonne résolution de non-envoi de textos, s'en sont suivis des dizaines et des dizaines de messages, parfois tendres, et surtout de plus en plus chauds.
J'en suis même arrivée à échanger avec C. des photos, comment dire, compromettantes.
Et ça, ce n'est pas moi, du tout.
Mais je dois avouer y avoir pris beaucoup de plaisir.
C'est grave docteur ?
Peut-être pas. Juste une évolution. Mais il ne faut pas que ce petit jeu dure trop longtemps.
Car je suis très joueuse.
Trop.
Encore un de mes travers.
Mais je suis bonne perdante aussi.
Ca me sauvera peut-être.
Jeudi midi, j'ai déjeuné avec un copain de vacances, que je n'avais pas vu depuis 16 ans.
Il a changé.
Moi aussi.
On a pris une claque.
Et passé un très bon moment.
J'ai senti qu'il n'était pas indifférent, mais pas un mot plus haut que l'autre, pas un sous-entendu...
Dans la situation actuelle, je l'en remercie, je n'avais pas besoin de ça, et il a eu le tact de ne pas rentrer dans ce jeu.
Le soir, petit resto avec une amie.
Une fille calme et posée.
Je l'aime beaucoup.
On discute de tout et de rien.
Et aussi de C. parce-qu'elle le connait, lui, sa bande de potes, et leur mode de vie.
Rien de très rassurant au final.
Ils viennent d'un monde où la femme est objet, jolie et dispo, présente bien en famille et ferme sa gueule devant les amis.
A l'opposé de moi, de ma vie, de mes convictions.
Mais sans surprise. Je m'attendais un peu à cela. Je connais leur monde pour en avoir fait partie, involontairement.
Puis elle me lâche qu'apparement C. était très amoureux d'une fille, et qu'il s'est fait largué il y a quelques mois.
Ca ne me surprendrais pas en fait, puisqu'il m'a dit lui-même qu'il avait eux deux histoires sérieuses et que les nanas s'étaient barrées à cause de son mode de vie.
Et je pense aussi que de son groupe c'est un des plus sauvables.
Après le resto, on va au pub, boire un verre.
On discute encore longtemps. Dans notre bulle, malgré l'effervescence autour de nous.
Au moment de partir, parce-qu'elle fatiguait un peu, je vais aux toilettes.
Et me retrouve nez-à-nez avec ce beau (et jeune) gosse de B.
Sourire ravageur.
Serrage de son corps contre le mien.
Je lui glisse un petit mot, et lui dis que je vais revenir.
Ce mec m'attire, mais c'est une connerie.
Je continue, et je tombe sur les potes de C.
Mais pas lui.
Je le savais, car je l'avais eu au telephone avant de retrouver mon amie, et il bossait encore.
Son pote R. que j'avais recalé à la dernière soirée fait mine de me faire la tête pour la dernière fois.
Je le prends à la rigolade.
Il y a F. aussi, qui avait déjà essayé une autre fois, et que j'avais recalé aussi.
Il connaît mon amie et quand je lui dit où nous sommes assises, il va directement lui parler.
Quand je reviens, ils sont en grande discussion.
Je vais fumer une clope avec R. Je le taquine un peu. Il m'avoue qu'il n'a rien dit à C.
Je m'en doutais en fait.
Il cherche à savoir ce que j'attends de C. et de notre relation.
Rien.
Je me suis mise en mode "no reflexion".
Il à l'air triste et fatigué.
Je sens qu'au fond il m'aime bien et ne me fais pas la tête du tout.
Je me dis que lui aussi doit être un mec bien. Mais l'emprise du groupe a parfois mauvaise influence, et il se donne des airs et des manières parfois qui ne lui correspondent pas au fond.
J'ai en face de moi un homme blessé, je le sens, mais je n'en connais pas les raisons. J'ai compris un peu plus tard.
Mon amie s'en va.
Et moi je reste, discuter avec F.
Concrètement, j'essaie de choper des infos sur C. sans en avoir l'air.
Je tiens B. à bonne distance, mais il me lance des regards remplis de sous-entendus.
F. me questionne.
Qu'est-ce que j'attends de C. ?
C'est une habitude chez eux ?
Une relation pas prise de tête, mais pas me faire prendre pour une conne.
Il rit. Et me dit dans ce cas d'arrêter de voir C., car, il a beau être son pote, il se doit de me dire que ce n'est pas un mec sérieux, et que je vais souffrir.
Je lui réponds que dans la mesure où c'est compliqué dans ma vie en ce moment, cette relation me conviens très bien.
Il descends C. en flèche, et me dit qu'il a foiré de belles histoires car il est trop instable.
Soit.
Je m'en fous.
Il est vrai que je ne connais de lui que ce qu'il a bien voulu me montrer, et ce qu'on m'en a dit, en sachant que les différentes versions sont très contradictoires.
Mais à ce jour je pense que je cerne le problème.
Si il agit comme ça, ce n'est pas parce-que c'est un salaud.
Je pense qu'il attend beaucoup de la vie, et qu'il s'engage dans plein de choses à fond (son travail, ses passions, ses potes), et qu'il ne veut pas se faire voler tout cela par une nana.
Du coup, la nana passe après, et quitte à morfler parce-qu'elle se barre, il reste fidèle à ses envies, à ses désirs. Et le désir de stabilité, d'amour, de famille à soi, est secondaire chez lui. Pour le moment en tout cas.
Je romance peut-être. Il n'est peut-être qu'un salaud manipulateur.
Je le verrais de toute façon.
Même si j'aimerais une relation toute autre avec lui, je ne suis pas dupe.
Et je suis trop prévenue pour l'être.
Par C. le premier.
Arrive le moment où F. me dit que je suis jolie et intelligente, et que je ferais mieux de m'intéresser à quelqu'un qui a une meilleure estime des femmes. Comme R. par exemple.
Là, c'est moi qui ris.
R. a quand-même essayé de me serrer alors qu'il a une nana.
J'apprends en fait qu'il avait bien une nana, et que pour la première fois de sa vie il se sentait de s'engager sérieusement.
Alors il a quitté son appart pour une maison.
Et elle l'a quitté.
Fierté ? je ne sais pas. Il m'avait dit que ça n'allait pas très bien avec elle, mais j'avais pensé à un stratagème pour justifier la drague lourde qu'il m'a faite. En fait, il ne mentait pas, mais il dissimulait quelque chose de plus profond : elle est partie, et alors qu'il voulait enfin changer de vie, maintenant il souffre.
Gros revers.
J'avais senti cette douleur. En voilà peut-être un de récupérable.
Toujours est-il que les manoeuvres de F. pour faire passer C. pour un pourri, et me récupérer pour lui ou pour son pote sont pitoyables.
Je lui ai fait comprendre que j'étais bien au courant de tout.
Bien prévenue.
Et assez grande pour décider par moi-même.
Il s'en va à son tour.
Je me retrouve seule.
Et B. rapplique dans la seconde.
Il est beau. Il a un corps de folie. Il est jeune et fou.
J'aurais aimé tomber sur lui il y a quelques années.
Mais quelques années en arrière, il ne m'aurait pas même jetté un regard.
Je me rends compte que les dernières années ont été mes amies.
Je vois des amies de collèges, qui étaient très mignonnes et faisait craquer tout le monde, aujourd'hui trépassées par les années.
Et je remercie la vie de m'avoir fait commencer par le plus dur.
Je n'étais pas très jolie, pas très féminine, pas très fille tout court.
Et pourtant je plaisais quand-même.
Pas à tous, mais suffisament.
J'ai changé, beaucoup, physiquement, et souvent les gens ne me reconnaissent pas.
Les mecs s'extasient devant moi.
Je n'ai pas l'habitude.
La première fois, j'ai été flattée.
A force je trouve ça très lourd.
Finalement, je suis heureuse d'être comme je suis aujourd'hui car je me sens beaucoup mieux dans ma peau.
Mais à l'inverse, le revers de la médaille n'est pas très joli.
Avant, on prenait le temps de me connaître et de m'apprécier.
Aujourd'hui on me mate.
...


2 Comments:
"vant, on prenait le temps de me connaître et de m'apprécier.
Aujourd'hui on me mate."
Je vais garder ces phrases comme ma maxime! J'ai pensé la même chose il y a peu. Avant, quand un mec me tenait une conversation, ou craquait pour moi, c'était pour ce que j'avais à dire, pour ma réflexion, j'attirais donc des mecs qui me convenaient sur un plan spirituel ou intellectuel et avec un peu de chance, même physique ! Maintenant, ils viennent pour mon physique et n'en on rien à battre de ce que je peux bien avoir à dire. Ils ne voient plus qu'une chose: le SEXE. Et là, y'a tous les pires boulets qui se ramènent ...
Coco
Oui, tu l'as dit Coco, y'a tous les pires boulets qui se ramènent !
Tu as du le ressentir comme moi, car je ne suis pas superficielle, et tu ne l'es pas non plus : au début ça fait plaisir, parce-qu'on a pas été habituées, et après ça fout les boules, parce-qu'on devient des morceaux de viandes devant la meute... et en plus en s'en rend compte !
Enregistrer un commentaire
<< Home