28.1.08

Les maux

Depuis quelques jours, une série de petites choses qui au final ont rendu ma semaine un peu étrange.

On sait quel est mon état d'esprit depuis quelques jours. Alors peut-être ai-je fais plus attention à ce qui m'entoure.
Tout a pris une raisonnance inhabituelle.
C'est ce que je me dis.

Dans la voiture d'une cliente qui me ramenait à la gare, nous discutions de choses et d'autres.
Une femme très intéressante. Avec une réflexion et une analyse assez pertinente.
Je bois ses paroles.
J'échange.
Je me sens à la hauteur du débat, ce qui n'est pas toujours le cas.
Puis elle me parle de mots. Du choix des mots. De la sensibilité que l'on peut cacher derrière. Les mots, c'est son métier.
"Derrière les mots, il y a presque toujours les maux".
Elle a lâché ça, l'air de rien, sans se douter de la bombe qu'elle venait de désamorcer.
Mais il est tard, et je suis fatiguée.
Dans le train, je pianote sur la DS de mon fils, et le Dr Machinchose me dit que mon cerveau à 70 ans.
J'accuse le coup, et je me fais un petit sudoku niveau "facile". Je l'explose en quelques minutes.
Je me sens plus intelligente... c'est juste bon pour l'ego. Car il n'y a pas plus simple qu'un sudoku "facile".

Je descends au terminus, comme tous les soirs. Il fait nuit. Il fait froid. Il y a trop de monde à la boulangerie. Le parking est trop grand. Je suis garée au 3ème sous-sol. Je prends l'ascenseur alors que d'ordinaire, je ne le prends jamais.
Un homme et une femme montent avec moi.
Et descendent au -3 eux aussi.
Je sors de l'ascenseur, et je prends à gauche.
Ma voiture est là, à côté de 2 autres.
A part ça, le parking est quasiment désert.
Il est tard, les gens sont rentrés depuis longtemps.
C'est pourquoi je m'étonne que la dame prenne la même direction que moi.
Du coin de l'oeil, je vois l'homme nous suivre également.
Nous nous dirigeons tous les 3 vers ces 3 voitures côte à côte.
Pourtant, ce parking est vraiment très grand. La femme, dont la voiture est au milieu, nous regarde interloquée. L'homme me fait de gros yeux ronds.
J'éclate de rire.
Je lance un bon mot.
Les deux autres partent à rire eux aussi, et chacun monte dans sa voiture le sourire jusqu'aux oreilles.
Sur la route, j'y repense, et je trouve la coïncidence énorme.
Je me marre toute seule, sur fond de Babyshambles.

Et tout d'un coup, sans prévenir, me reviennent les mots de ma cliente.
Les maux.
Derrière les mots.
Je sais qu'elle a plus que raison.
Je suis la première à coucher mes maux sur le papier, à les dissimuler derrière des mots, soigneusement choisis, ou parfois instantanément jettés sur la toile, sans retenue ni contrôle.
Cette pensée ressurgira à plusieurs reprises durant les jours suivants.
Durant le week-end.
Aujourd'hui encore.

Et quand je cogite, je me détruis.
Je fume, je bois, je me mets minable pour faire taire toutes ces pensées qui fusent dans ma tête.
Et minable, c'est bien comme ça que je me suis sentie hier soir, quand j'avais la tête dans les toilettes, et que je gémissait mon agonie.
Un apéro chez des amis jamais avares de bons vins.
Et plutôt bons buveurs, encaissant bien.
Pas comme moi.
Tout allait très bien jusqu'au moment où nous sommes partis.
Je crois que j'ai ramené la voiture, parce-que mon homme avait la sienne.
Oh, pas bien loin, heureusement, à peine un petit kilomètre.
Mais je ne m'en souviens que vaguement.
Alors que ça ne m'étais jamais arrivé auparavant, je remarque depuis quelques mois, qu'il m'est arrivé deux ou trois fois d'avoir oublié quelques minutes, et un peu plus d'avoir été malade, chose que je ne connaissait pas non plus.
Je reprends mes esprits dans ma chambre, je me déshabille, et j'ai tellement mal au coeur que je pense que je vais mourir si je me couche comme ça.
Mon homme mange un morceau.
Il ne m'entend pas.
Je me glisse dans la salle de bains, et j'essaie de me faire vomir au moins un petit peu de tout ce vin blanc que j'ai bu.
Juste pour me sentir un peu mieux.
Je me sens un peu pitoyable. J'ai les cheveux qui se détachent et viennent toucher la cuvette. Pour le coup, ça me donne vraiment envie de vomir.
Et là, j'entends le déclic de l'appareil photo.
Mon homme est mort de rire.
Il vient me sortir de là.
Je me sens comme une veille serpillère abandonnée sur le sol.
Il me regarde, il me tire, me traîne, et m'aide me mettre en pyjama.
Quelques instants, je me sens mieux.
Et par chance, je m'endors assez vite, les tempes brûlantes.

Mais au réveil, je n'ai pas oublié une seconde de ce qu'il s'est passé.
Je me revois, j'entends de nouveau le déclic de l'appareil, je me sens tellement honteuse.
Mon homme lui se marre.
Et me dit qu'il faut que j'arrête de me mettre dans de tels états.
Il s'en fout, il ne m'en veut pas, il veut juste que j'arrête de me faire du mal.

Je le découvre autre.
Je me rends compte que de la même façon qu'il ne connaît pas tout de moi, je ne sais pas tout de lui.

2 Comments:

At 10:07 PM, Anonymous Anonyme said...

Je te bats, la première fois que j'ai joué à l'entraînement cérébral, j'ai crevé les 8O piges... mais j'avais la fatigue comme excuse (ouais genre) !

 
At 3:57 PM, Blogger lilou said...

Ah bah tu sais quoi, ça me rassure !
(mais moi aussi j'étais fatiguée, bien-sûr !)

 

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