2.10.07

La B.O. de ma vie


Le temps passe, et moi je cours partout et je ne vois rien.
J'essaie de vivre à fond, mais il passe quand-même.
Des fois je me pose et je réfléchis.
Là, le constat est imparable : déjà ?!?
Alors j'essaie de ne plus trop me retourner.
Ca me réussi mieux au fond, de regarder devant, et d'arrêter de pleurer ce qui est derrière.
Ce qui ne m'empêche d'y penser parfois, et d'en rire. Ou d'en sourire. Mais pas plus.
Plus.

Dans un de ces grands moments de réflexion, dans un train, encore, je me demandais quelle serait la BO de ma vie.
Et en fait, ce n'est pas tellement facile.
Ni de se souvenir, ni de choisir.

Mes premiers souvenirs musicaux, non, ne sont pas les chansons de Chantal Goya.
Car contrairement aux enfants de mon âge, je n'aimais pas trop ça.
Je trouvais ça con.
Et avec tout le respect que je pourrais avoir pour cette dame,
je trouve toujours ça con, et je suis bien contente de ne pas avoir écouté.
Non, moi j'ai grandi au Félix Leclerc.
Ma maman me mettait le disque quand je rentrais de l'école le midi.
J'étais en maternelle, et en primaire aussi.
Et je pouvais passer des heures à écouter
- Le petit bonheur
- Moi mes souliers
- et une autre dont je ne me souviens plus, une histoire avec un loup.

Peu après, je me tapais l'intégrale de Michel Sardou, avec une grosse préférence pour :
- les yeux d'un animal
Je ne sais pas pourquoi.
Là encore, c'était un peu-beaucoup influencée par mes parents.
J'avais 6-7 ans environ.
Excusable.
Du coup, aujourd'hui encore, je connais presque par coeur toutes ces chansons, et je me retiens de fredonner quand j'en entends une.
C'est plus un réflexe qu'autre chose, mais ça m'a déjà valu 2-3 vieilles hontes...
Dans la foulée, je me suis fait l'intégrale de Daniel Balavoine qui venait de nous quitter.
Ces textes me touchaient. Pourtant, je ne crois pas que j'étais vraiment en âge de les comprendre.

Après, j'ai comme un blanc, ou un noir.
En tout cas je ne sais plus bien.
Quelques conneries qui passaient à la radio.
Je n'ai jamais été fan.
Ni de chanteur, ni d'acteur.
Mis à part une petite fascination pour James Dean.
Vivre vite, mourir jeune et faire un beau cadavre.
Le pauvre ne devait pas penser si bien dire !
Triste.

Puis les premières colos, les premiers délires, et les premiers rap.
Aujourd'hui on en rigole, mais Benny B à l'époque c'était vraiment nouveau.
Et j'écoutais.
Quelques boyz band aussi, comme NKOTB avec Step by Step.
Et l'excellent Mark Wahlberg s'en est heureusement triomphalement sortit en devenant un talentueux acteur, dont notamment à son actif le cultissime Boogie Nights.

Ensuite, je me rebelle, et j'écoute en boucle les beruriers noirs.
Les enfants naissent à l'aube, et se sucident en juin...
Au fond, je ne suis pas sûre que ça me correspondait.
Mais je traînais avec des punks, et j'étais amoureuses d'un créteux qui préférait la bière à moi.
Puis Nirvana.
Le top.
Puis Kurt Cobain tire sa révérence et crache à la face du monde son mal-être.
Drame, plusieurs jeunes se sucident à leur tour.
Hommage ? désespoir ?
Ce ne fût pas mon cas. J'ai juste été triste.
Et comme à la guitare c'était trop facile à jouer, j'ai tenté Stairway to heaven, de led zep.
J'ai galéré un an dessus.
Je ne suis pas musicienne, je me suis fait une raison, et j'ai fini par arrêter.

Dans le même temps, Marlène de Noir Désir était de toute nos soirées.
Tout l'album Tostaky d'ailleurs.
A ce jour il reste le meilleurs qu'ils aient fait.
Encore un artiste maudit.

A croire que ce sont les meilleurs, les plus vrais et les plus touchants.
J'aimais Verlaine et Rimbaud et Beaudelaire pour ces mêmes raisons.

Fin des années collèges, j'écoute Métallica, surtout Enter Sandman, Rage against the machine (fuck you i won't do what you tell me !), Skunk Anansie, les Red Hot, Radiohead (Creep, bien-sûr), et tout ce qui ne me reviens pas en mémoire là, de suite.

Puis je tombe amoureuse d'un musicien, et je n'écoute plus que ses compositions, et les groupes locaux que nous allons voir chaque week-end dans des concerts de quartiers. Je change les lacets de mes docs : bleus.
Pourquoi ?
Parce-que ni rouges ni blancs, surtout pas. Donc bleus.

Et je bascule peu à peu vers le rap / RnB.
Je fais en boite un mémorable streap tease sur Blackstreet.
Je gagne une bouteille de Champ'.
Mon pote le beau gosse est médusé.
Et moi déchirée.
J'ai tout juste 18 ans et mon permis.
C'est la fête.
Les boites à n'en plus finir.
Les mecs à la pelle.
De la musique de daube parce-qu'il n'y a que ça là où je vais.
Mais je m'en fous.
C'est aussi bien.
Jusqu'à 21 ans, c'est n'importe quoi, puis là, Brandy et Monica chantent The boy is mine, et moi j'ai trouvé le mien.

En fait, mes choix musicaux me reflètent plutôt bien.
J'aime pleins de genres de musiques, pleins de genres de films, pleins de genre de gens.

Ma vie est un patchwork dont certains morceaux ne vont pas du tout avec les autres, mais
forment pourtant un tout.