Mon premier
Mon premier est une marque de cocotte minuteMon second une carte à jouer
Mon troisième n'est pas le mien, mais t'appartiens
Mon tout est mon premier
Mon premier petit copain. Celui de la "première fois".
J'avais à peine quatorze ans, lui un de moins.
Ce n'était vraiment pas terrible, mais on a bien ri.
Et je n'étais pas amoureuse, juste très admirative.
En fait, c'était surtout mon meilleur pote, et on a fait ensemble cette première expérience.
D'ailleurs, à cette époque je ne pense pas non plus qu'il m'aimait.
Je dis "à cette époque" parce ensuite, 6 ans plus tard, il me déclarait son amour alors que je venais de lui annoncer ma grossesse.
Trop tard.
Ou tant mieux.
Je ne me suis pas trop posé de question, mais il m'a toujours manqué.
D'ailleurs, je n'ai raté aucune de possibilités que j'avais de le voir, sans forcer le destin.
Il est mon double masculin.
En tout cas il l'était.
Branchés tous les deux sur la même longueur d'ondes.
Drôle, intelligent et simple.
Si si, tout ça.
Et beau en plus, ça ne gâche rien.
A chaque soirée où nous avons pû nous retrouver, nous étions comme un fait exprès chacun seul. Et sans qu'il ne se passe jamais rien, je sais que notre relation est particulière.
Mais depuis au moins 3 ans, plus de trace de lui.
Il ne venait plus à ces soirées où l'on se retrouvait chaque année.
Plus personne n'avait de nouvelles.
Je n'ai pas cherché à en avoir.
Jusqu'à il y a peu...
Je reçois un jour un mail étrange, d'une personne dont le nom m'est familier m'est très lointain. 4ème, 3ème, mais pas au delà. 13 ans en arrière quoi.
Pour une soirée, qui aura lieu demain soir.
Une soirée de retrouvailles de mon ancien collège.
J'ai retourné plusieurs fois le problème dans ma tête, et j'ai convaincu une amie de venir avec moi. Ca peut être marrant.
Et j'ai profité de l'occasion pour rechercher "mon premier", puisqu'il en était aussi.
Ca ne m'a pas pris bien longtemps : il est sur Facebook, comme moi...
Je vais donc le voir demain et je suis très contente. Je sens qu'on va bien délirer.
A part ça, tout va bien dans ma vie, pas de nuages à l'horizon.
Je suis zen.
Il est zen.
Et en ce moment on fait plein de choses sympas, des sorties pas ordinaires.
Je suis plus touchée en ce moment par les drames qui touchent mes amis et mes proches.
Et je me dis que le malheur, qui était loin de moi jusqu'à présent, se rapproche petit à petit.
Non pas que je pense qu'il va m'arriver quelque chose, ni à moi, ni à ma famille, mais je repense à ces temps révolus où je pouvais dire :
- que je n'avais jamais été à un enterrement
- que personne n'avait été touché par le cancer dans ma famille
des choses comme ça qui paraissent loin, et qui peuvent d'un coup se rapprocher. Comme là.
Comme là où mon amie C. perd sa maman après des mois et des années de lutte contre la maladie. Et je me dis qu'aimer ses proches fait terriblement souffir lorsque on les perd. Mais que faut-il, partir avant pour ne pas souffrir, ou partir après pour ne pas qu'ils souffrent...
Voilà les questions que je me suis posées. Et j'ai conclu que je préfère souffrir plutôt que laisser souffrir les autres. Je me battrais donc toujours.
Et dans le même temps, alors qu'elle n'a pas encore enterrée sa mère, mon amie apprend qu'elle est enceinte. Et je me dis finalement que le monde est bien fait. Sa peine est soulagée quelque part. Un être à cédé sa place à un autre.
La vie est ainsi faite.


1 Comments:
50% bien 50% chiant ...
Cette vie qui est instable, pas possible ... vas-y raconte la soirée avec le "premier" !
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