Mon double et moi

Ah là là, j'ai de nouveau envie d'écrire, le clavier qui me démange, c'est pas très bon tout ça !
C'est même chez moi signe de déprime...
Ou au moins d'un malaise lattent. Quelque chose qui coince quelque part et qui libère les mots.
D'ailleurs, j'écris un livre, épisodiquement, rythmé par mes angoisses et mes chagrins.
Finalement, j'aime assez être dans cet état d'esprit, et j'avoue parfois le rechercher, le cultiver...
En ce moment, une de mes cousines fait le trajet avec moi jusqu'à Paris. Je l'emmène, car elle s'est trouvé un petit job d'été sur Paris.
Ma cousine est mon clone, avec 10 ans et peut-être aussi 10 kilos de moins.
C'est rageant.
Alors que je ne me sentais pas trop mal dans ma peau, je la vois débarquer, reflet des mes 16 ans, et elle m'a presque recollé le cafard (de toute façon, depuis samedi je vacillais déjà) !
Elle est belle, elle est jeune, elle s'éclate.
D'un coup j'ai eu le sentiment d'être une vieille conne.
Ca m'a drôlement fait chier.
Pas envie d'être vieille.
Encore moins d'être conne.
Mais à être trop cool avec une ado, ne vais-je pas passer pour la darone qui veut faire jeune ? Et là, je trouve ça carrément pitoyable.
Bon, c'est vrai, je n'ai quand même que 28 ans, et ma date limite est encore assez loin (je l'espère), mais ça m'a fait tout drôle quand même.
J'espère en tout cas que les gens dans le train nous ont pris pour des soeurs, et pas pour mère et fille, ça ça me tuerais je crois !
Sinon, comme je ne peux jamais m'empêcher de faire une connerie, hier j'ai appelé C.
Non, en fait j'ai appelé sa mère pour avoir son numéro de portable, qui me l'a très gentiment donné.
Je me suis excusée de l'attitude de mon homme samedi.
Ca lui a fait plaisir je crois, parce-qu'il n'a pas très bien compris pourquoi il était si agressif.
Moi non plus d'ailleurs. J'ai pensé qu'il était jaloux, et je l'ai dit à C., mais mon homme m'a pourtant assuré que non, ce n'était pas de la jalousie. Mon oeil tiens !
C. m'a dit, "du coup on peu discuter là ?"
Euh, bah oui, c'est un peu pour ça que je t'appelle, mais je n'allais pas te le dire comme ça !!!
On discute un bon quart d'heure. Me propose, maintenant que j'ai son numéro, de le rappeler si je veux qu'on se voit. Hmmmmm ! Why not.
Puis gêné, ajoute, "même avec ton copain si il s'est calmé".
Là je me dis qu'il n'a rien compris, et lui explique que ça ne sera pas possible.
Ok. On reparle, de moi surtout, il me pose beaucoup de question sur ma vie, ma situation, tout ça.
Je lui dis la vérité. J'ai fait un choix qui n'est pas tous les jours rose. Je le provoque je le sais. Mais j'ai envie de savoir.
Il me redis de l'appeler pour qu'on se voit, qu'il peut se déplacer facilement et rapidement. Il a oublié mon copain. Il a oublié ma copine dont finalement il me parle à peine, et dont en réponse je lui laisse entendre qu'il n'y a de toute façon pas moyen (nb : penser à appeler ma copine pour vérifier quand-même). Il rit.
Je n'aime pas trop sa voix au téléphone, mais j'aime ce qu'il dit.
J'ai envie de l'appeler, de lui fixer un rendez-vous demain.
Mais je ne le ferais pas.
C'est bien trop tôt.
Ca me ronge pourtant, mais il me faut attendre.
Un mercredi peut-être. Après-midi. Je suis plus libre.
Et puis c'est moins provocant qu'un soir. Moins direct.
Il me dit de l'appeler, qu'il ne prendra pas mon numéro pour ne pas risquer de tomber sur mon copain ou d'appeler à un mauvais moment. J'appelais en anonyme. Il ne l'a vraiment pas.
Je suis partagée : l'a t'il vraiment fait pour cette raison, ou bien pour ne pas avoir à me rappeler ?
Quand on est attiré on n'est pas très objectif.
Et je ne peux pas en parler vraiment à ma copine, puisqu'elle avait l'impression qu'il la regardait, et qu'elle en aurait bien fait son amuse-gueule ! D'un soir m'a t'elle dit, car un mec qui cumule la chasse et le foot, c'est vraiment trop pour elle, sans compter que sortie de Paris, c'est la brousse, et que bon, pour une soirée ça va, mais pour ne serait-ce qu'une semaine c'est déjà dans le domaine de l'impensable et de l'impossible.
C. m'attire parce-que j'ai le sentiment qu'il est différent.
Oui, mais différent comment ?
Mon homme je le connais, je connais ses défauts, et je vis avec.
Un autre m'attirera pas ses différences, ses qualités que le mien n'a pas, mais à ce moment là je ne peux pas voir ses défauts, qui seront peut-être pires encore, peut-être insupportables, invivables.
C'est facile d'idéaliser quelqu'un que l'on ne connaît pas plus que dans un vieux souvenir d'enfance, et de quelques mots échangés à une soirée.
C'est facile de se laisser aller à croire que la vie serait meilleure, plus douce.
Je ne suis pas tant à plaindre, car je vis avec quelqu'un que j'aime énormément malgré tout.
Comme un fait exprès, hier soir il était adorable, prévenant, proche.
Je me suis dit que je suis vraiment une salope.
Je me suis dit que je ne le mérite pas.
En même temps, si la tête me tourne ainsi, c'est bien que quelque chose ne va pas.
J'ai parfois l'impression d'étouffer, et hormis sa jalousie, je pense que la vie de couple me pèse, sans qu'il n'y ai aucun rapport direct avec lui.
Le quotidien est routinier, même si nous sortons et avons de nombreux amis.
Quelque chose m'échappe, et je ne sais pas encore quoi.
Je pense aller voir un psy, un conseiller, quelqu'un de neutre qui verra peut-être plus clair en moi que moi-même.
J'ai remarqué un cycle de 3 mois environ entre mes différentes crises.
Je ne vois pas à quoi cela peut correspondre.
Et si l'amour ne dure que 3 ans, j'achève l'année prochaine un troisième tour houleux.
A quel moment peut-on savoir que l'on doit arrêter de rejouer ?


2 Comments:
"Finalement, j'aime assez être dans cet état d'esprit, et j'avoue parfois le rechercher, le cultiver..."
Ce blog me fera toujours trop halluciner, à force de m'y retrouver dedans....sauf que tu racontes mieux les cjpses que je ne le ferai !
hello miss !
je crois en effet qu'on se ressemble beaucoup !
Merci à toi
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