6.12.05

Le TGV cinématographique

La semaine dernière, j'ai pris le tgv pour un déplacement en province.
Partant le midi, j'ai eu le plaisir de savourer un trajet en première, quasiment seule dans le wagon.
Et le déplaisir de me rendre compte que le wagon bar n'était pas ouvert.
Moi qui mourrait de faim, j'ai lapé ma bouteille d'eau pendant deux heures, en attendant de pouvoir me jetter sur un jambon-beurre mou à la gare. C'est ainsi que je suis arrivée couverte de miettes à mon rendez-vous.
Le seul bon point de ce jambon-beurre, c'est que pour une fois, il y avait bien du beurre dedans. C'est assez rare pour être relevé !
Pour le retour, en début de soirée, le train était bondé.
Je trouve ma place, et m'assied sur celle d'à côté, près de la fenêtre.
J'étais au téléphone avec un client, mais rassurez-vous je parlais tout doucement, lorsque mon compagnon de voyage est arrivé. Sans discuter, il s'est assis à ma place.
Sitôt ma - courte - conversation terminée, je m'excuse et lui demande si il veut reprendre sa place.
Il se retourne doucement vers moi, et m'assure que ça lui est égal.
Et là, je rougis jusqu'aux oreilles.
Mon voisin est un mélange de Richard Gere et Harrisson Ford.
La quarantaine, les temps grisonnantes, les yeux en amandes, le regard pétillant, les lèvres charnues...
Moi qui regarde plus facilement plus jeune que moi, j'avoue que là, il était vraiment craquant !
Un homme d'affaires fort impoli, qui hurlait dans son téléphone au sujet d'un dossier secret et d'un Monsieur Z, nous a finalement fait engager la conversation.
Il semblait pourant très occupé à travailler sur son ordinateur portable, comme les 3/4 du wagon.
Il l'a finalement refermé, et nous avons parlé tout le trajet.
Il se tenait la tête penchée vers moi, un coude en appui sur son siège. On aurait dit un adolescent. Il m'a beaucoup plu.
Lorsque son téléphone a sonné, il n'a pas répondu.
J'ai supposé un appel de sa femme, inquiète de savoir si son trajet se passait bien.
Mais ce n'est qu'une supposition, car au fonds, je n'en sais rien. Et je ne sais même pas son prénom.
Il travaille pour un grand groupe Pharmaceutique, dont je tairais le nom (qui fait une formidable crème anti-capiton, mais ça je ne lui ai pas dit ;-))
Arrivés à Paris, ses collègues (dans le même train, mais un autre wagon), le rejoigne. Je le remercie alors de cet agréable voyage, et m'éclipse.
Sur le quai, je marche nonchalament.
J'ai une bonne vingtaine de minute avant mon RER.
Et j'espère aussi qu'il va me rattraper.
C'est finalement dans la gare qu'il me rattrappe, et me propose de m'offrir un verre.
Je suis séduite, pour sûr, mais je suis amoureuse d'un autre, et je ne veux pas jouer les allumeuses. Je le remercie encore, mais je n'ai pas le temps.
Je le vois alors s'éloigner, et monter les marches d'un restaurant "d'altitude" situé dans la gare.
Sur ce que j'appelerais le perron, il s'arrête. Et il téléphone. Je reste un instant à le regarder. Il me regarde aussi.
On se croirait dans un film.
Je m'attends presque à ce qu'il resdescende en courant et se jette à mes pieds.
Mais au lieu de ça, très perturbée, je fais trois fois le tour de la gare avant de retrouver mon chemin.
Sur le quai du RER, alors que j'attends patiemment, je le vois à nouveau. Il fait mine de ne pas m'avoir vu. S'en va de l'autre côté.
Je l'y rejoins. Je blague sur ces hasards qui nous remettent sur le chemin de l'autre.
Je lui glisse quand arrive son RER que le mien est le suivant. Je le regarde s'en aller. Il me sourit.
Mon RER n'est en fait pas le suivant, mais celui d'après.
A la station suivante, mon train n'est pas encore arrêté que je le vois, lui, sur le quai, à guetter un regard.
Je fais semblant de ne pas avoir vu. Je ne sais pas pourquoi. J'attends que les portes se referment. Puis je le regarde, comme surprise. Il me fait signe. Un sourire craquant. Je lui rends en retour mon plus beau sourire. Je ne le quitte plus des yeux. Je me dis que je le vois pour la dernière fois.
Je ne sais pas qui il est.
Il ne sait pas qui je suis.
Nous avons partagé un moment fort, intense, et peut-être illusoire.
Merci mon inconnu du tgv.
Merci, et à jamais.

Les jours suivants j'ai pensé à lui comme on repense au héros d'un film à l'eau de rose.
Entre l'envie d'être à la place de l'héroine, et la réalité de l'histoire : ce ne sera jamais moi.
Mais le souvenir est doux et tendre. J'aime à y repenser, sans m'y apesantir !

Vendredi soir, je me suis mémérisée devant la Star'Ac. Et là, je pousse un coup de gueule : MAIS QUI DONC A VOTE POUR MAGALI ???
Je n'ai rien contre elle, qui semblait effectivement la plus "saine" des candidates en lice, mais mon dieu, elle ne sait pas chanter !
Je me dis que les ados français (parce-que je pense et j'espère qu'il n'y a qu'eux pour voter !), n'ont vraiment pas d'oreilles !

Et voilà, comment d'un doux rêve de princesse, je me suis propulsée dans la triste réalité !!!

2 Comments:

At 1:12 PM, Anonymous Anonyme said...

Très intéressant ce recit, il m'a beaucoup plut

 
At 11:49 AM, Blogger lilou said...

Merci Elios,
ce n'est pas toi mon Richard Gere des fois ?

 

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