Santa Barbara
J'ai donc pris la décision de rentrer. Voilà, ça c'est fait, et même si je ne suis vraiment pas convaincue du bien-fondé du truc, je l'ai fait quand-même, pour plein de raisons, des bonnes, des mauvaises, des valables, et des irrecevables...Je rentre donc du boulot, et je passe chercher le plus gros de mes affaires, histoire de pouvoir me brosser les dents et changer de string. Je rentre tout sourire (tant qu'à faire, autant avoir l'air motivée !). Nous dînons dans la joie et la bonne humeur (hum !). Je couche mon fils, et là, le couperet tombe. "tu étais où le tant à telle heure ?"Euh, bah là comme ça, ça remonte à un mois, je ne vois franchement pas !Si si, tu étais dans telle ville, à un concert non ?Ah oui, effectivement. Là, grosse panique. Je mens où j'y vais franco ? Pas le temps de trouver un bobard, je dis la vérité. J'étais avec Thierry (qu'il ne connaît pas même de nom) et d'autres amis. Explosion, insultes, rage...Je l'aurais trompé (sic!) que ça n'aurait pas été pire !Il se trouve que j'ai un ami, qui n'en est évidemment plus un depuis cette seconde, qui a cru bon d'aller signaler qu'il m'avait vu un mois plus tôt à un concert avec un mec, et que soit-disant, ça avait l'air très chaud. Alors qu'en plus, pas du tout du tout. Surtout pas avec lui...J'ai donc été autorisée à rester dans les lieux jusqu'à ce que lui s'en aille. Merci !La nuit a été très longue. J'ai tenté le dialogue, mais rien n'a pris. Je suis partie travailler avec les yeux tellement gonflés qu'on aurait dit un poisson japonais !J'ai voulu camoufler sous mes superbes lunettes de soleil, mais bien entendu, il a plu toute la journée, et je me suis dit qu'il valait mieux exposer mes yeux gonflés, que laisser penser que j'avais un cocard !Toute la journée aussi a été très longue. Trèèèèèès longue. Partagée entre le soulagement que cette histoire qui dégénère soit terminée, et le mal de ses mots et de son absence (oui, je ne sais pas ce que je veux). En rentrant, je savais qu'on parlerait. J'avais un peu la boule au ventre. Et puis non, je me suis retrouvée seule dans cette grande maison. Et j'ai compris les soirées difficiles qu'il y a passé pendant que je lui jouais "je t'aime, moi non plus". J'ai tourné, viré, ouvert le frigo, grignoté un truc debout dans le salon en jetant un oeil vague sur un reportage sur la mafia calabraise...Quelques messages échangés avec C. en même temps. Il aurait été dispo, j'aurais été me perdre dans ses bras. Mais non, je crois qu'il y avait un match de foot, même si il ne m'a que dit qu'il n'était pas là. Voilà, toute seule, prise à mon propre piège. Il a fini par rentrer, avec son air dur, sa machoire qui saute. Je l'ai traité de tous les noms, parce-qu'il me parlait mal. Et là, devant lui qui tentait de se libérer une fois pour toute de cette relation qui nous nuit, j'ai craqué, et je lui ai dit que je l'aimais et que je ne voulais pas le voir partir. Je le pensais vraiment. Et lui insistait sur le fait que tout était définitivement terminé, foutu, page tournée. J'étais abasourdie. Il m'en a mis plein la tronche. Et moi je rampe encore. Finalement, l'orage a éclaté, on s'est retrouvé sans électricité. A se parler plus calmement. Je sais qu'il m'aime énormément. Je sais qu'il a envie de faire des efforts pour que ça marche. Mais je crois qu'il ne pardonnera jamais ce qu'il considère comme une infidélité (le concert), et qu'il ne me laissera jamais plus libre qu'avant. Je ne veux pas revivre ça. Je ne veux pas avoir traversé tout cela pour rien. Donc je ne vois toujours pas d'espoir, et ce matin je me suis dit que j'aurais dû le laisser partir. Je suis vraiment trop égoïste et trop bête. Peut-être que je l'aime encore vraiment, mais je pense que nous ne pouvons plus vivre ensemble. Trop de choses ont été faites et dites pour que cela ne pèse pas sur notre vie à deux.
Lilou fait de la résistance
Après un week-end plus que difficile (de fête, bien-sûr),
où tous les gens que j'aime étaient réunis pour moi,
j'ai décidé hier soir de rentrer "chez moi".
Un reste d'alcool je présume.
Je ne vois pas d'autre explication censée et plausible...
Donc me revoilà dans ma maison, celle où je me sens bien,
seulement, je n'y suis pas seule...
Et oui !
J'ai décidé de laisser une dernière chance à ce couple que nous avons formé pendant toutes ces années,
et j'avoue que la situation commençait à devenir comique et fatigante,
entre les allers-retours et les affaires qu'on ne retrouve plus.
Pour mon fils aussi ça va être plus simple, car ça devenait ingérable.
Par contre, mon coeur est toujours ailleurs, et je n'ai pas grand espoir sur la viabilité du truc...
Si on se supporte au moins jusqu'aux grandes vacances, au moins ça me laissera le temps d'agir.
J'ai aussi décidé d'essayer de me sortir, un peu, C. de la tête.
J'ai réalisé que, hormis le fait que ça ne va pas me mener très loin,
je n'ai pas besoin de ça en ce moment...
Je l'avais invité samedi, tout en espérant qu'il ne viendrait pas, car ça aurait été le drame...
Bien-sûr, il n'est pas venu, il m'a juste renvoyé des bisous.
Aujourd'hui aussi, un petit mot plein de bisous. Mignon.
J'attends longtemps, très longtemps avant de répondre.
Il sent que je suis refroidie.
Je lui dis que non, mais que je suis très occupée.
Pour une fois je ne suis pas rentrée dans son petit jeu des messages de plus en plus chauds.
Je pense que ça lui a fait tout drôle...
Voilà, maintenant je verrais bien si il revient ou si il est partit voir ailleurs parce-que je n'étais pas dispo quand il en avait envie.
Wait, and See.
Je fais de la résistance, tant que je peux, mais ça risque d'être très provisoire !
Les amours passent, les amis restent
Sauf que dans mon cas, comme je ne fais jamais rien "normalement", tout risque de passer...
Re-boulette ?
Comme je ne le rappelais pas, il m'a envoyé un message pour me dire de le rappeler quand je voudrais.
Alors j'ai fini ce que j'étais en train de faire,
j'ai pris ma respiration un grand coup,
et j'ai appelé.
Il m'a expliqué qu'il avait sa vie, et moi la mienne, et qu'il ne me demande pas où je suis et avec qui...
Qu'il peut très bien dîner avec une nana sans qu'il ne se passe rien.
Que je n'ai pas à savoir.
Que mon texto de cette nuit était agressif.
Qu'il ne veut pas se prendre la tête comme ça, parce-que tout ça c'est secondaire pour lui,
et qu'il a d'autres choses plus importantes à gérer.
J'ai pris un bloc de béton sur la tête...
Deux, trois, quatre...
Boulette ?
Le post "Margharita" ?
Voilà ce que ça donne quand je vais dans des soirées latines, et que l'on m'offre plein de verres pour mon anniversaire !
J'écris des conneries quand je rentre...
Dont je ne me souviens ensuite que parce-que je les ai enregistrées... et que je tombe dessus en ouvrant mon ordinateur le lendemain...
Mon message n'est pas resté sans réponse.
Ce matin, tôt, il me répondait qu'il était désolé pour hier soir, qu'il n'était pas là, me faisait plein de gros bisous, et me souhaitait un bon anniversaire.
Contente.
Ce message parmi tous ceux que j'ai reçu depuis tôt ce matin, et qui m'ont tous fait chaud au coeur, est celui qui m'a le plus touché.
Forcément.
Puis je me suis mise à me poser des questions.
Où était-il hier soir ?
Et surtout avec qui ?
Alors je le lui ai demandé. Si il était avec une autre fille.
Parce-que j'avais envie de savoir.
Première réponse :
"pourquoi tu veux savoir"
5 minutes après, je n'avais pas répondu.
Deuxième réponse :
"mais non, j'étais avec xx. En meme temps, j'ai quand-meme le droit de voir des gens".
Aïe, j'ai été trop loin.
Je fais une réponse que je mets un temps infini à écrire, car chaque mot compte et ne doit pas être mal interprété.
Mais il ne répond plus.
Je crois qu'il l'a mal pris.
Quelques heures passent, j'appelle. Il répond.
Mais pour me dire de le rappeler dans une heure.
Alors j'attends que les minutes s'égrènent, et c'est long...
Qu'est-ce que je me prends la tête quand-même, merde !
Ca me gonfle en fait...
Margharita
Dis-moi qu’entre toi et moi, un jour ça va coller…
C’est la dernière chanson que j’entends. Depuis le petit bois.
Ce petit bois où si souvent je me suis arrêtée, pour ne pas rentrer…
Cette nuit, j’ai eu 30 ans, et ceux qui me l’ont souhaité les premiers sont de parfaits inconnus…
J’envoie un message, qui je le sais, n’arrivera que demain matin :
« je ne sais pas ce que j’attendais de toi. La nuit de mes 30 ans. Une nuit torride. Mais tu n’es pas là, et rien n’a la même saveur. C’est con la vie… »’
C’est ce que je lui ai envoyé, et qui restera, comme toujours, sans réponse.
Je ne sais pas pourquoi lui, mais je sens que c’est possible, et je sens que derrière la glace qui nous sépare, ou le cul qui nous réunit, il y a autre chose.
Mais si je lui la seule à sentir cela, alors il n’y aura aucun avenir.
Malgré ce qu’il me dit, je le sens blessé et sur ses gardes.
Je le sens sensible, et la brèche est proche.
J’aimerais avoir le courage de tout plaquer. De tirer un trait.
De mettre un point
Mais je me rends compte que je ne peux vivre sans amour, sans passion, sans folie.
Et je me demande comment il fait, lui, pour vivre cela.
Je me doute, je sais, que la vérité n’est pas celle que je crois connaître.
Et j’ai pourtant envie de lui, de tout son être.
Je ne peux l’expliquer, je n’avais pas été dans un tel état depuis…
Tellement longtemps, que je ne sais plus.
Et lui semble si sûr, si certain,
Ça m’en brise le cœur…
Je voudrais accéder à sa vie, je voudrais accéder à son cœur,
Sans contraintes et sans violence,
Seulement le partage d’intenses moments,
Dans le respect de chacun,
Dans la liberté,
Car mes expériences passées m’ont appris la sérénité,
Le respect de soi même et de l’autre,
La vie tout simplement,
Et l’amour, beau et simple,
Tel qu’il devrait toujours l’être.
Celui auquel il ne croit pas,
Ou me fait croire qu’il ne croit pas.
Car si je garde un brin de lucidité, je la pense cruellement altérée.
Désagrégée.
J’ai envie de me laisser porter, et pourtant rien n’est simple.
Personne ne me comprend, personne ne m’approuve,
Et mon instinct me dicte pourtant de poursuivre ce chemin.
Peut-être ma croix se trouve-t’elle sur cette route.
Je n’ai jamais été mauvaise.
Je n’ai jamais pû.
La nature humaine me fascine.
Et lui me fascine tout particulièrement.
Parce-qu’il ne veut pas de moi ?
Surement.
Parce-qu’il ne m’attends pas ?
Qu’à cela ne tienne.
J’ai devant moi une vie pour lui prouver ma valeur.
Ma valeur à ses yeux.
Celle qu’il voudra bien m’accorder.
Et je souffrirais encore, car je pense que c’est là mon destin.
Les amours impossibles me hantent,
Et j’aimerais pourtant pour cette fois que ce soit possible,
Fantaisiste et rêveur,
Amoureux et passionné,
Mais que ce soit possible cette fois au moins…
Juste avec lui,
Juste cette fois,
Mais pour toujours sensuel et décadent,
Juste lui,
Pour moi,
Aime-moi…
Ah bon ?
J'ai demandé à C. hier si on pouvait s'organiser une soirée tous les deux pour mon anniversaire, ou si il pensait que ça faisait trop "sérieux".
Il m'a demandé quand c'était exactement,
je le lui ai dit en précisant que à cette date là je n'étais pas dispo, ni le week-end d'ailleurs.
Il m'a dit "appelle-moi, maintenant".
Comme je suis gentille, j'ai appelé.
Aucun soucis pour le fêter tous les deux, mais pas ce week-end, il "enterre" un pote.
Comme je ne suis pas là non plus, ça ne me pose pas de problème.
La semaine prochaine, si je veux.
J'ai dit "non, si tu veux".
Puis j'ai raccroché, et tard dans la soirée, j'ai reçu un petit message tout gentil pour me souhaiter une bonne nuit avec plein de bisous.
J'ai respiré un grand coup.
Long week end
Beau et long week end.
Très beau.
Et très long.
Après le coup de chaud de la nuit de mercredi,
le coup de froid des jours qui ont suivi...
En allant faire des courses samedi midi, je suis passée par le village de C.
J'y passe de temps en temps, partagée entre l'envie de l'y croiser,
et la peur qu'il me voit et pense que je l'espionne.
En fait, c'est un chemin que j'aime bien prendre, et qui est assez court.
IL n'est pas la seule raison de ce trajet.
Et là, forcément, je tombe sur lui !
Il sortait du tabac, et se retrouve face à moi.
Interloqué.
J'hésite un quart de seconde, et je lui fais un signe de la main, un grand sourire, et je continue ma route.
Je l'ai vu rester là, sur la place, à se demander si j'allais m'arrêter ou non.
Mais non, j'ai tracé.
Après, j'ai dû me retenir pour ne pas lui envoyer de message.
Et j'ai tenu jusqu'à hier soir.
Sans nouvelles de lui.
Je me suis demandée si il avait été vexé ou non.
En tout cas, il n'a pas essayé de me joindre.
Du tout.
J'ai été relativement sereine, parce-que de toute façon je n'aurais pas pû le voir.
Et ça se corse un peu mon histoire de "couple", "ex-couple", "futur-couple", donc j'avais d'autres chats à fouetter.
Mais là, retour au quotidien, metro-boulot-pas dodo,
et je me surprends de nouveau à attendre un message,
qui ne viendra pas j'en suis sûre...
Bientôt mon anniversaire,
j'aimerais le fêter avec lui,
au moins un dîner,
quelque chose en dehors d'un lit,
si il refuse, je saurais à quoi m'attendre,
pour de bon !
The Circle
Han han, han han !
Après le froid donc, le chaud est de retour...
Mercredi, je bois un café avec Thierry, qui me propose de l'accompagner le soir à un concert.
Ok, pourquoi pas.
J'avais passé ma soirée de la veille a essayé d'engrainer mes amies à une soirée au pub.
Dans l'espoir à peine dissimulé de tomber du C...
Mais mes amies ont plus de chance que moi, et la plupart profitaient du pont pour partir loin d'ici !
Donc oui pour le concert, avec Thierry et ses amis.
Gros accrochage avec mes parents, qui ne me comprennent manifestement pas, et pensent qu'à 30 ans, on doit arrêter de vivre parce-qu'il y a d'autres priorités !
Moi, à presque 30 ans, ma priorité c'est justement de vivre !
Ils me saoulent parce-que je suis chez eux, et me traitent comme une gamine.
Mon père va même inspecter ma chambre et débrancher la prise de la télé tous les jours...
J'ai droit à une morale qu'ils ne m'ont même jamais faite ado.
Ils m'accablent de reproches.
D'ailleurs, en ce moment, tous leurs (pseudos) problèmes sont de ma faute !
Sympa !
Cette situation ne va pas pouvoir durer longtemps !
D'un enfer à l'autre, je préfère encore être chez moi !
Mais rentrer chez moi et repartir comme avant, c'est au-dessus de mes forces.
Je brise mon homme, mais je ne peux plus, et pourtant j'essaie malgré tout de raviver une petite flamme au fond de mon coeur...
Concert donc, très sympa.
Puis un verre dans un pub.
Les autres rentrent.
Thierry me demande où je vais.
Boire des mojitos, tiens !
Il veut venir, il faudra que je le ramène.
J'ai la désagréable impression qu'il cherche autre chose.
Je pensais pourtant que les choses étaient claires entre nous.
Ca me met mal à l'aise.
Pas de trace de C., pas de trace de ses amis non plus.
Pas de trace tout court, il n'y avait personne...
On boit des coups quasiment jusqu'à la fermeture.
Entre deux bédos sur le trottoir.
Une fois encore, je me demande ce que je fous là, et j'ai l'impression que cette question revient en ce moment un peu trop souvent.
2H30, on va rentrer. Je monte dans la voiture, et j'entends sonner mon téléphone.
Mon sang ne fait qu'un tour.
A cette heure, il n'y a que LUI pour m'appeler...
Je ressors de la voiture pour répondre.
C'est bien lui, qui me demande où je suis.
J'essaie de lui expliquer que je ne suis pas seule, et que je le rappelle.
Ok, il attend mon coup de fil.
Je file un vieux prétexte à Thierry pour partir à fond de train.
Je le dépose, et je refuse poliment son invitation à manger des pâtes...
Je rappelle C.
Il a envie de me voir.
J'arrive...
Il me demande si je peux rester dormir avec lui.
Non, je ne pourrais pas, je vais devoir rentrer après.
On discute un moment allongés tous les deux sur son lit.
Il a l'air creuvé, j'ai même cru à certains instants qu'il dormait.
Mais non.
Il me rappelle mon marseillais, qui restait des heures les yeux fermés, sans dormir, à m'écouter parler. C'est assez perturbant. On ne sait jamais si on parle dans le vent ou pas !
Puis, quelques heures de câlins torrides, encore mieux que tous les autres.
Il est tendre ce soir, attentif, et doux.
Tout est parfait.
Puis je dois partir, et il semble déçu.
Je fais celle qui s'en fout. Je rentre dans son jeu, mais pour cette fois, c'est moi qui ai les cartes en main.
En temps normal, on se voit tous les 10/15 jours,
et là, deux fois la même semaine !
J'ai cru sentir un changement de comportement à mon égard, mais je ne suis pas très sûre.
Peut-être un leurre...
J'ai un autre problème à gérer, l'ultimatum de mon "ex".
Pour dimanche.
Ca risque de ne pas se passer très bien.
Alors je suis contente de cette soirée qui tombait à pic une semaine où tous les éléments se sont déchaînés contre moi.
J'ai très envie de solitude, et je pense que je ne suis pas prête de pouvoir en profiter !
Le chaud et le froid
Voilà, c'est tout C.
Le chaud, et le froid.
Puis le froid, et le chaud.
Et là, je ne suis plus.
Mercredi déjà, on s'était "loupés". Petite déception.
Et samedi, je me suis "manquée".
Comme aurait dit mon marseillais...
Pourtant, tout avait commencé sur une note plutôt légère.
Un petit barbecue au soleil couchant.
Précédé de quelques messages "tu fais que ce soir ?", "un bbq et après je sais pas, et toi ?", "pour l'instant je bosses, je verrais plus tard"...
J'avais le sentiment qu'on allait se voir.
Ce soir là, 17 ans jour pour jour après notre premier baiser, notre première nuit, chaste.
Il le fallait.
Plus tard, vers 1h, il me dit qu'il est encore à table, l'anniversaire d'un pote, mais il me tient au courant.
Je pars au pub, je vais attendre sagement.
L'ambiance est morte. Il n'y a presque personne.
Je tombe sur les p'tits jeunes qu'il connaît, et qui du coup commencent à me connaître aussi.
Je crois que je suis leur faire-valoir de la soirée.
Il se sente plus "grand", plus en confiance.
On rit, ils me demandent pourquoi je ne suis pas avec C.
Oui, pourquoi d'abord ?
Il m'envoie un message pour me dire qu'il va au XX, une boîte dans le coin.
Je demande si je peux venir.
"si tu veux, nous on est entre potes"
"moi ça ne me gêne pas, je fais ma vie, mais est-ce que ça te déranges ?"
"c'est pas question que ça me dérange, c'est que tu sais comment je suis quand je suis avec mes potes : pas très réceptif"
"tu es déjà parti ?"
"oui ?"
"si je te cherche, tu es où ?" (cette boîte est immense).
Plus de réponse.
Je me demande si je dois y aller ou pas.
Il me chauffe depuis une semaine. M'envoie un message pour me dire où il va.
Je comprends que c'est pour que je l'y rejoigne, sinon pourquoi me dire où ?
Et il me refroidit en me prévenant qu'il ne va pas me calculer.
Une heure après, j'ai pris la route, tout doucement, en me disant que je faisais une connerie.
Forcément, j'ai galéré pour le retrouver.
Et je tombe finalement sur lui, dans un couloir, en grande discussion avec une pétasse.
Il me claque une bise sans me calculer, et retourne à sa discussion.
J'encaisse.
Je trouve ses potes, qui eux, au moins, sont très contents de me voir. Surtout R., dont c'est l'anniversaire, et qui a bien trop bu.
P. me fait danser. Il me demande ce que je fais là.
La première et dernière fois que je l'ai vu, c'était la fois où j'avais dormi chez R. avec C.
Il était là, et entre deux parties de foot sur la console, m'avait demandé de lui livrer, avec le recul que je pouvais avoir maintenant, les secrets de la réussite d'un couple, et ce qui fait tout foirer.
La routine, la jalousie.
Mais c'est très personnel comme sujet. Chacun aura une expérience différente.
P. ne me lâche pas de la soirée, mais pas pour me draguer. Il veut me soutenir je crois. Je le comprends comme ça. Et lui a compris que je m'étais prise dans les mailles du filet et que j'allais creuver comme ça, la gueule ouverte, asphixiée.
Il me redit que C. est un ami formidable. Et qu'il voudra peut-être se poser un jour.
Ce que je comprends surtout, c'est que ce qu'il y a de mieux chez C., ce sont ses potes...
Il ne réapparaît pas de la soirée.
Je ne sais pas où il est, mais je ne le cherche pas.
Pas envie de me confronter à une éventuelle réalité qui me déchirerait.
Il ne revient qu'au moment de partir.
P. m'a dit entre temps que dans leur groupe, c'est difficile d'avoir une "histoire", parce-que dès que l'un d'eux à une nana, les autres le charrie sans arrêt, le vanne, se moquent...
Je m'en doutais, mais je comprends mieux.
C. me demande où je dors.
Je ris, et je ne réponds pas. Je retourne danser avec R. qui m'enlace fort pour se soutenir.
C. enrage, il faut y aller. Il n'a pas sa voiture, il me dit qu'il m'appelle plus tard.
Mais P. m'avait entre temps proposé de venir boire un dernier verre chez R., là où sont leurs voitures. Je lui avais dit que si C. ne me l'avait pas proposé, c'est qu'il n'avait pas envie que je vienne. Il me dit "tu t'en fous, moi je t'invite, et tu viens. C'est tout".
Je dis donc à C. que ses potes m'ont invité. "Tu fais ce que tu veux".
Il est fâché je crois.
Je prends la route de chez R., et, hasard, je suis une de leur voiture.
Je me gare un peu plus loin qu'eux de la maison, et le temps de prendre mes affaires, je vois C. monter dans sa voiture et partir.
Je suis verte.
Dégoutée.
Je descends.
Les gars aussi sont très surpris.
Ils ne savent plus quoi me dire.
P. tente une blague. Mais je suis trop énervée pour rire.
J'essaie de faire bonne figure, de garder un semblant de dignité.
R. insiste pour que je vienne boire le champagne. Je refuse. J'en ai gros sur le coeur. Et en même temps, je m'attendais à quoi ?
Avant de remonter dans ma voiture, j'entends le bip de mon téléphone.
Message de C. : "tu fais quoi alors ?".
Il m'attend chez lui.
Je repars avec le sourire, comme une conne que je suis.
Dès qu'il ouvre la porte, c'est très très chaud.
Et ça dure des heures.
Des heures sublimes où il me dit qu'il veut me faire vibrer.
Et il fait ça très bien.
On s'endors alors qu'il fait déjà jour.
Enfin lui, moi je n'ai pas fermé l'oeil.
Quand il se réveille, plusieurs heures après, il est tout câlin, et me caresse doucement le corps.
C'est reparti pour un tour.
Puis, au revoir, à bientôt, bon dimanche.
Tout l'après-midi je n'ai repensé qu'à ça.
Le chaud, le froid, le froid, le chaud.
Il en joue très bien.
Dans la soirée, je lui envoie un message, qui ne demandait pas de réponse, et heureusement, car il n'y en a pas eu.
Aujourd'hui encore, j'attends, j'espère, et pas de signes de lui...
Le chaud, le froid...
Je crois que je ne l'attraperais jamais...
Paradoxe de ma vie
Je me demande si j'ai pas déjà fait ce titre là... mais bon, pas envie de chercher...
J'ai passé une semaine plutôt intense.
Plutôt chargée.
D'ailleurs, moi aussi j'étais chargée tous les soirs...
Je vais finir alcoolique si je continue !
J'ai eu le droit, dans l'ordre, à une soirée de retrouvailles avec mon "ex".
Etrange sensation de déjà vu et d'inconnu en même temps.
Toutes ces épreuves l'ont drôlement fait évoluer.
Je l'aime bien comme ça.
Mais je ne suis pas encore prête à remettre le couvert,
à rentrer à la maison.
Trop envie de déconne et de liberté...
Ensuite, une soirée totalement improvisée avec un ami, qui m'appelle au dernier moment pour aller boire un verre, et de bar à bière nous avons fini au resto, très arrosé !
Rentrée dans la nuit, en pleine semaine, morte de rire...
Le mec assis en face de moi me regardais mi-amusé, mi-compatissant.
La honte !
Le tout, entrecoupé de rendez-vous très sérieux pour mon travail, et bizarrement, j'y ai été, je trouve, plus brillante que d'habitude.
Puis une soirée avec ma vieille amie, qui me prévient d'entrée qu'elle est fatiguée, et ne décolle finalement pas avant la fermeture du pub.
J'aurais dû voir C. ce soir là, et j'avoue l'avoir guetté toute la soirée.
A chaque fois que la porte s'est ouverte, j'ai espéré le voir entrer.
Mais non, quelques messages échangés, puis un appel beaucoup plus tard dans la nuit qu'il me passe pour me dire qu'il va aller se coucher...
Puis un barbecue qui a duré du midi jusqu'au soir !
Et qui m'a assomé !
J'aime pas les trucs le midi, ça me coupe les pattes !
Je n'ai pas donné de nouvelles à C. depuis le coup de fil dans la nuit.
Et ce matin, il m'envoie un message chaud comme la braise.
Je ne sais pas si je lui manque, où si il a passé sa matinée à "gérer" ses prétendantes, mais j'étais contente quand-même.
Il ne m'en faut pas beaucoup à croire !
Moi aussi je me dis que je déconne.
Et c'est sûrement vrai.
Mais je le vis plutôt bien en fait !
C'est grave docteur ?