Santa Barbara
J'ai donc pris la décision de rentrer.Voilà, ça c'est fait, et même si je ne suis vraiment pas convaincue du bien-fondé du truc, je l'ai fait quand-même, pour plein de raisons, des bonnes, des mauvaises, des valables, et des irrecevables...
Je rentre donc du boulot, et je passe chercher le plus gros de mes affaires, histoire de pouvoir me brosser les dents et changer de string.
Je rentre tout sourire (tant qu'à faire, autant avoir l'air motivée !).
Nous dînons dans la joie et la bonne humeur (hum !).
Je couche mon fils, et là, le couperet tombe.
"tu étais où le tant à telle heure ?"
Euh, bah là comme ça, ça remonte à un mois, je ne vois franchement pas !
Si si, tu étais dans telle ville, à un concert non ?
Ah oui, effectivement.
Là, grosse panique.
Je mens où j'y vais franco ?
Pas le temps de trouver un bobard, je dis la vérité.
J'étais avec Thierry (qu'il ne connaît pas même de nom) et d'autres amis.
Explosion, insultes, rage...
Je l'aurais trompé (sic!) que ça n'aurait pas été pire !
Il se trouve que j'ai un ami, qui n'en est évidemment plus un depuis cette seconde, qui a cru bon d'aller signaler qu'il m'avait vu un mois plus tôt à un concert avec un mec, et que soit-disant, ça avait l'air très chaud.
Alors qu'en plus, pas du tout du tout. Surtout pas avec lui...
J'ai donc été autorisée à rester dans les lieux jusqu'à ce que lui s'en aille. Merci !
La nuit a été très longue.
J'ai tenté le dialogue, mais rien n'a pris.
Je suis partie travailler avec les yeux tellement gonflés qu'on aurait dit un poisson japonais !
J'ai voulu camoufler sous mes superbes lunettes de soleil, mais bien entendu, il a plu toute la journée, et je me suis dit qu'il valait mieux exposer mes yeux gonflés, que laisser penser que j'avais un cocard !
Toute la journée aussi a été très longue.
Trèèèèèès longue.
Partagée entre le soulagement que cette histoire qui dégénère soit terminée, et le mal de ses mots et de son absence (oui, je ne sais pas ce que je veux).
En rentrant, je savais qu'on parlerait.
J'avais un peu la boule au ventre.
Et puis non, je me suis retrouvée seule dans cette grande maison.
Et j'ai compris les soirées difficiles qu'il y a passé pendant que je lui jouais "je t'aime, moi non plus".
J'ai tourné, viré, ouvert le frigo, grignoté un truc debout dans le salon en jetant un oeil vague sur un reportage sur la mafia calabraise...
Quelques messages échangés avec C. en même temps.
Il aurait été dispo, j'aurais été me perdre dans ses bras.
Mais non, je crois qu'il y avait un match de foot, même si il ne m'a que dit qu'il n'était pas là.
Voilà, toute seule, prise à mon propre piège.
Il a fini par rentrer, avec son air dur, sa machoire qui saute.
Je l'ai traité de tous les noms, parce-qu'il me parlait mal.
Et là, devant lui qui tentait de se libérer une fois pour toute de cette relation qui nous nuit, j'ai craqué, et je lui ai dit que je l'aimais et que je ne voulais pas le voir partir.
Je le pensais vraiment.
Et lui insistait sur le fait que tout était définitivement terminé, foutu, page tournée.
J'étais abasourdie.
Il m'en a mis plein la tronche.
Et moi je rampe encore.
Finalement, l'orage a éclaté, on s'est retrouvé sans électricité.
A se parler plus calmement.
Je sais qu'il m'aime énormément.
Je sais qu'il a envie de faire des efforts pour que ça marche.
Mais je crois qu'il ne pardonnera jamais ce qu'il considère comme une infidélité (le concert), et qu'il ne me laissera jamais plus libre qu'avant.
Je ne veux pas revivre ça.
Je ne veux pas avoir traversé tout cela pour rien.
Donc je ne vois toujours pas d'espoir, et ce matin je me suis dit que j'aurais dû le laisser partir.
Je suis vraiment trop égoïste et trop bête.
Peut-être que je l'aime encore vraiment, mais je pense que nous ne pouvons plus vivre ensemble.
Trop de choses ont été faites et dites pour que cela ne pèse pas sur notre vie à deux.


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