Squatteur
Me revoilà au boulot, et bien contente d'y être...Jeudi soir, alors que ma journée se terminait, et que je savourais déjà mon week-end de 3 jours (j'avais pris mon vendredi pour la rentrée scolaire, quand-même !), mon amour m'appelle, et m'annonce le pire : son frère vient de (re-)débarquer à la maison, avec toutes ces affaires, pour 3 ou 4 mois, le temps qu'il se "refasse", et qu'il trouve un appart !
Au téléphone, j'ai fondu en larmes ! parce-que pour avoir vécu EXACTEMENT la même chose l'année dernière, à la même époque, je savais dans quelle galère on allait être.
Et oui, mon beauf est un tantinet sans-gêne et envahissant.
J'ai quand-même un peu pitié, parce-que sa femme l'a foutu dehors après avoir vidé son compte. Mais bon, qui c'est qui se coltine les emmerdes à chaque fois ?
Bibi !
Et son chéri !
Je sais que mon amour est dans une situation vraiement délicate. C'est quand-même son grand-frère, il ne va pas le laisser à la rue, etc.
Pendant 2 jours je lui ai mis la pression parce-que je passais mon temps à pleurer. Samedi, j'ai emmené mon fils à l'école, et je suis retourné me coucher pour pleurer comme une gamine. Samedi soir, j'ai explosé. On s'est engueulé sous la douche (parce-que c'est un des seuls endroits d'intimité que l'on ai encore !). Et là, mon petit coeur a craqué. Fondu en larmes. Trop de pression lui aussi. Alors j'ai eu honte. Vraiment honte de tout lui remettre sur le dos comme ça. Finalement on a longuement discuté. On va y mettre du nôtre tous les deux. Et dimanche, on a passé la journée a aménager un espace pour son frère, histoire qu'il ne soit plus dans le salon, et qu'on soit un peu tranquilles.
Dimanche soir ça allait un peu mieux.
J'essaie de ne pas trop penser qu'il est là pour un moment.
J'essaie de ne pas trop penser qu'il n'a pas un sous, qu'il a fumé 5 paquets de nos clopes en deux jours, qu'on lui a filé 10 euros ce matin pour qu'il puisse manger, et que ça ne pas pouvoir être comme ça tous les jours.
Et surtout, j'essaie de prendre un peu sur moi, de moins faire ma petite-fille pourrie-gâtée, et de soutenir à fond mon coeur, parce-que, égoïstement, je n'avais pas vu que lui aussi souffrait, de cette famille de merde qu'il a, et qui est vraiment difficile à vivre. De cette situation pourrie. De notre intimité volée.
Cette nuit, en dormant, il m'embrassait l'épaule. Il me serrait fort dans ses bras, comme pour m'empêcher de m'échapper.
Mais je ne partirais pas,
je l'aime plus que tout.


0 Comments:
Enregistrer un commentaire
<< Home