Quand la réalité me rattrappe
Ca a recommencé ce matin. J'ai pleuré dans le train. Pourtant je ne me suis pas levée triste. Je ne me suis pas disputée avec T. Je n'ai pas entendu à la radion une musique qui me le rappelle. Peut-être que c'est juste le fait de penser que demain mon fils à son premier entrainement de Judo. Sûrement d'ailleurs, j'aurais dû y penser avant. Mais ce n'est pas moi qui ai choisi le judo. Mon fils a choisi seul, et c'est ce qu'il voulait. Je trouve d'ailleurs que ça lui va bien. Mais j'ai peur que ce soit un peu trop dur pour moi. De penser tout le temps à lui. Parce-qu'il faisait partie de l'équipe de france de judo. Parce-qu'il y a plus de 6 ans maintenant, presque 7, mon meilleur ami, judoka également, m'a trainé dans une de ses compétitions. Parce-que je l'ai vu, là, sur le tatamis, et que j'ai su à cette seconde précise que c'était LUI. Parce-que j'en ai tremblé pendant des heures, j'en ai pleuré pendant des jours, et je l'ai cherché pendant des semaines. Je ne connaissais rien de lui, et je l'ai retrouvé, à l'autre bout de la france. Parce-qu'il se souvenait de moi, et m'a accueilli chez lui, dans sa ville, chez ses amis, dans sa vie. Parce-que chaque fois le retour était trop dur, l'avenir trop incertain, parce-que je n'ai pas su, ou n'ai pas voulu prendre une décision. J'ai laissé le temps juger pour nous. Il ne m'a pas retenu non plus. Parce-que plus tard, quand j'ai rencontré mon homme qui est aujourd'hui tout pour moi, j'ai eu un enfant, par amour. Parce-que son ombre plane toujours sur ma vie, et que je ne peux pas l'oublier. Chaque fois que j'essaie, j'y arrive, pendant une semaine, au grand maximum. Mais généralement, je ne passe pas une journée sans penser à lui. J'ai parfois l'impression de passer à côté de ma vie. Alors je l'appelle. On discute. De tout sauf de ça. J'aimerais le voir, lui parler, le toucher. Mais je ne lui dis jamais. Je fais celle qui s'en fout, et pourtant j'en crève. Je sais qu'il vient régulièrement sur Paris. Ca me rend folle. Mais je ne fais rien pour le voir. Parce-que ma vie aujourd'hui est fragile, et je ne veux pas tout foutre en l'air pour quelque chose qui n'en vaut pas la peine. Je reste pourtant persuadée que c'est lui, et lui seul. J'ai passé des nuits blanches à lui caresser les mains. J'ai passé des nuits blanches à l'écouter respirer. Dans la chaleur du sud, étouffante. J'ai passé des nuits blanches, le coeur serré, à penser au lendemain, au retour. Et j'aurais voulu ne plus jamais revenir. Chaque fois pourtant j'ai pris le train, le sourire aux lèvres. Chaque fois je suis revenue en larmes. Amère. Je crois que si il m'avait demandé de rester, rien qu'une fois, j'aurais tout plaqué pour lui. Et j'aurais sûrement fait une connerie. Mais ma plus grande peur est de n'en avoir jamais la certitude. Tant que plane un doute, je ne peux me résoudre à tirer un trait. Et dans ces moments là, tout me le rappelle. Comme aujourd'hui, où Louise Attaque chante Léa dans mon casque, et où je me souviens de nos premières rencontres, où Léa, était parisienne, et où Léa, pour lui, c'était moi.Peut-être ai-je accepté par erreur son invitation...


0 Comments:
Enregistrer un commentaire
<< Home