Petite honte

Leçon n°1 : prendre soin de soi est une forme de respect envers soi-même et envers les autres.
Comment ai-je pû oublier cette putain de règle n°1 ???
Je ne sais plus vraiment.
Je crois que ça c'est fait progressivement.
Ca commence par le mascara qu'on zappe un jour sur deux sous prétexte d'excuses pitoyables, comme "ça pique les yeux" ou "le soir j'ai le flemme de me démaquiller"...
Après plusieurs mois, on ne se maquille plus du tout, et on est incapable de savoir depuis quand !
Ensuite, on enchaine sur le jean. Ah ouais, c'est bien plus confortable que ces petits pantalons ajustés qui me serrent le ventre, et bien plus pratique que les petites jupes avec lesquelles il faut sans cesse surveiller ses jambes (épilation nickel, croisement de jambes obligatoire, etc...).
Et puis, n'y a t'il pas qu'avec mon bon vieux jean que je peux mettre mes Air Max, les seules chaussures qui ne sont pas une torture pour mes pieds ?
Si ? Ah, bah en voilà une bonne raison.
J'avoue, au début je mettais des bottes à talons, et je trouvais ça très sex. Mais comme j'avais mal aux pieds et les jambes lourdes le soir, je me suis peu à peu laissée tenter par l'appel de la basket ! damned !
Voilà, ma déchéance de ces dernières années, résumée en quelques lignes.
A cela, il faut ajouter le port de lunettes. Avant, je ne les mettais que le dimanche entre 15h37 et 16h42. Le reste du temps, je portais des lentilles.
Maintenant que je bosses vraiment, l'écran me fatigue tellement les yeux que je ne les supporte pas plus d'une heure. Du coup, je me suis offert une panoplie de lunettes toutes formes et toutes couleurs, et je ne mets plus mes lentilles que le week-end. Enfin au début, parce-que je me suis vite laissée aller à ne plus les mettre que pour de rares occasions (quoi que, c'est encore le seul point sur lequel je fais un brin d'effort).
Tout ça pour en arriver à avant-hier, où, dans toute ma splendeur d'un mercredi grisâtre, j'avais revêtu mon jean pourave, mes bonnes vieilles baskets sus-citées, et une chouette petite veste violette (si si, elle est vraiment chouette ! c'était bien la seule chose!). 19h28, je descends du train. L'oeil hagard, le cheveu terne, la démarche nonchalante.
Et là, je tombe sur... un ex ! Avec son fils d'à peine un an.
On discute un moment (on s'était quittés en excellent terme, l'issue de notre relation ayant été claire pour nous deux dès le départ, puisque nous étions respectivement l'amant et la maitresse de l'autre, à une époque où nous étions chacun en couple, et sûrs de ne pas le rester !). Je le regarde. Il est sublime. Le temps à passé et l'a rendu plus beau encore, plus séduisant.
Je suis contente de le voir. Son amie arrive. Il me la présente. Une jeune fleur, fraîche et souriante.
En claquant la portière de ma voiture, j'ai eu comme un électrochoc.
Je n'ai pas dû du tout lui faire la même impression que lui.
Je jette un regard furtif dans le rétro. Je ne me reconnais presque pas.
Mais qui est donc cette fille a qui on donnerait volontiers plus que son âge ?
Comment ai-je pû me laisser aller comme ça ? pourquoi ?
En rentrant, j'ai fait ma petite crise existentielle, et ai assuré à mon homme qu'il ne m'aimait plus et que je le savais.
Il m'a répondu que c'est moi qui ne m'aimes pas.
Et il a terriblement raison.
J'ai donc décidé de faire attention à moi. Un peu plus en tout cas. Je ne veux pas avoir honte quand je croise quelqu'un. Je ne veux pas que mon chéri puisse se détourner de moi alors que j'ai tant besoin de lui !
Bon, ce qui me rassure, c'est qu'on peut être une pseudo-bombasse et avoir un problème d'équilibre (mammaire cette fois), comme nous le montre bien cette photo de notre potiche nationale !


