De l'orage dans l'air

Vendredi soir...
maudit vendredi !
Alors que je rentrais du boulot, et que j'étais dans ma voiture, dans les embouteillages, je me mets à taper un sms à un collègue.
Je sais, en voiture ce n'est pas bien, mais j'étais vraiment arrêtée.
Bref, le matin je m'étais embrouillée avec ce collègue. Méchament. Et je n'aime pas ça. Surtout qu'il partait en vacances le soir même. Je voulais désamorcer les tensions.
Donc je tape ce sms.
Et pendant que je tape, je reçois un appel de mon chéri.
Je réponds, en espérant que ça ne va pas effacer mon sms parce-que j'ai pas envie de le taper quinze fois, et je lève la tête.
Et qui je vois dans mon rétro, juste derrière moi ?
Mon chéri.
Pas content du tout.
Je dis :
"ah, c'est toi qui est derrière moi ?"
"Oui, c'est moi. Avec qui tu étais au téléphone ?"
"personne, j'envoie un texto à xx"
je lui explique en deux mots la brouille du matin.
Il me réponds :
"tu me prends pour un con"
"non, pourquoi ?"
il me raccroche au nez et change de file.
Je ne le vois plus.
Et je me demande bien pourquoi je l'aurais pris pour un con !
Bref, je m'arrête en route pour prendre mon fils.
j'arrive à la maison une bonne demi-heure après lui.
Il est sous la douche. Vénère. Il ne veut pas me parler.
Il fini par m'expliquer, me hurler plutôt, qu'il m'a vu parler dans la voiture, et que j'avais mon kit oreillettes. Et que j'ai pas bosoin du kit oreillettes pour taper un sms. Donc je lui ai menti. je l'ai pris pour un con. En plus, ça faisait 10 mn qu'il me faisait des appels de phare. Il en a donc conclu que j'avais vite raccroché en le voyant.
Ca, ça s'appelle de la psychose non ?
Le pire, c'est que je tapais vraiment un sms, que je ne parlais à personne (à la rigueur je chantais peut-être !), et encore moins avec mon kit oreillettes, parce-qu'il est au fond de mon sac avec 57 noeuds...
Il n'a pas cru un mot de ce que je lui ai dit.
Alors je lui ai dit que j'en avais marre, et que j'ai beau l'aimer énormément, j'en ai assez de ces crises à 2 balles. Ce n'est plus possible.
Il l'a mal pris.
Il est parti.
J'ai regardé Star'Ac avec mon fils.
La honte !
Je n'ai même pas réussi à pleurer, moi qui les premiers temps m'étouffais dans un crise d'asthme psychologique à chaque brouille. A peine une petite larme.
Je me suis dit que cette situation je l'avais cherchée à force de douter.
Je me suis dit que c'était le moment de faire le point.
D'essayer de savoir ce que je voulais.
Et si justement je ne voulais plus, le faire savoir vite.
J'ai câliné mon fils, en regardant d'un oeil distrait les apprentis chanteurs.
Et j'ai fait le point.
Je l'aime, c'est sur, mais pas comme ça.
Il se détruit. Il se ronge de l'intérieur avec de problèmes qui n'en sont pas. Pas qu'à mon sujet. Pour beaucoup de choses.
Il me détruit donc, et son fils aussi indirectement.
Il le sait. depuis un moment déjà il sait que ça ne va pas, et qu'il faut qu'il en parle.
Il veut que je lui laisse une chance de s'en sortir seul.
La dernière.
Je lui laisse.
La dernière.
Depuis on se retrouve. On se touche comme on ne se touchait plus depuis des mois.
On s'embrasse comme on ne s'embrassait plus depuis une éternité.
On s'aime, comme on pensait peut-être ne plus pouvoir s'aimer.
Je l'admire énormément.
Je l'aime à la folie.
Mais la passion est mon moteur. Il ne doit pas la laisser faner.
Car c'est bien ça que je cherche dans les bras d'un marseillais, ou dans les yeux de B..
Cette passion dévorante qui noue l'estomac et rosie les joues.
Cette passion que j'avais pour mon chéri il n'y a encore pas si longtemps.
Je ne peux pas vivre sans. Je ne veux pas avoir à aller la chercher ailleurs.
Car je l'aime vraiment. Et je ne veux pas m'en rendre compte quand il sera trop tard.



