En plein virage
Je m'étais dit que je n'évoquerais plus tout ça.Et puis finalement, si.
Quelques mots.
Depuis des mois que le chaos s'est installé dans ma vie, dans sa vie, dans notre maison,
il touche enfin à sa fin.
Parce-qu'à force de non-dits, de disputes, de regards en travers, et de mots trop durs,
l'amour se transforme peu à peu en rancoeurs et en haine.
J'ai essayé d'éviter cela.
Surement pas assez.
Les gestes ont finit par suivre les paroles, et j'ai compris qu'il n'y avait plus rien à espérer.
Je suis responsable, à part entière, et j'espère que j'arriverais à l'assumer.
En attendant mes dents grincent, mais je suis résignée.
L'issue inéluctable approche, et elle va je pense nous soulager.
Nous et nos proches, qui souffrent en silence depuis des mois.
J'ai moins peur de l'avenir.
Moins peur d'être seule.
Mais j'ai peur de ne pas arriver à oublier.
Hier j'ai fait une rencontre un peu surréaliste.
Celle d'une femme qui se bat chaque jour contre la vie et le lot de souffrance qu'elle lui apporte.
Et pourtant ses yeux criaient son envie de vivre.
Son sourire éclatait devant ma mine déconfite.
J'ai pensé à elle, si positive.
Et je me suis dit que si malgré tout ce qui entrave son existence,
elle peut croire encore à tout ce qui peut être beau,
j'y arriverais aussi.

