Hell

Me revoilà, après une longue période d'absence...
Plus tellement envie d'écrire. Plus le temps. Plus la motivation.
J'ai eu la chance de partir une semaine au ski en fevrier. Une semaine superbe, avec plein de soleil, et plein de neige, ce qui cette année n'était pas gagné d'avance.
J'ai surfé comme une malade, et j'ai encore des bleus sur les tibias.
Et j'ai aussi profité des terrasses, avec un bon bouquin.
Deux plus exactement.
Hell et Bubble Gum de Lolita Pille.
Ca fesait longtemps que je voulais les lire.
Voilà chose faite.
Et j'ai un peu halluciné.
Sur Hell, parce-qu'on se demande si ça peut être vrai tant les jeunes qui y sont décrits se font chier malgré leur situation.
Sur Bubble Gum parce-que le retournement de situation m'a sciée. Mais je ne peux pas en dire plus, ça gâcherait tout !
En deux ou trois mots, Hell c'est l'histoire des ces enfants de la haute, fils ou fille de, jeunes, friqués, drogués, désoeuvrés finalement.
C'est le récit de cette vie dans un monde parralèle, à se lever quand le soleil se couche, à aller squatter une soirée vip après avoir furieusement jetté à terre ses robes de créateurs, la larme à l'oeil, parce-que rien à se mettre.
C'est l'alcool, ou plutôt le champagne à flot, les mets délicats, la coke dans les chiottes, et le sexe crade au bout d'une nuit terne, avec un mec de passage, ou un vieux pote, ou n'importe qui, du moment qu'on ne finit pas seule.
Et le lendemain on remet ça, parce-qu'il n'y a que ça que l'on sait faire.
Parce-qu'on a l'impression qu'il n'y a que ça qui amuse.
Et au fond, c'est franchement la déprime, mais après une petite ligne, on ne s'en souvient déjà plus !
Bref, ça ne donne pas envie de passer de l'autre côté de la barrière.
De se pipeoliser.
De devenir le meilleur pilier de ces soirées très privées.
Ca m'a laissé un peu perplexe.
Et ça m'a rassuré sur le fait qu'il ne suffit pas d'avoir de l'argent.
Mais ça, je le savais déjà...
Tout ça pour vous dire :
la semaine dernière, j'ai été convié à l'une de ces fêtes.
Enfin conviée est un grand mot.
J'y étais pour le travail.
Mais j'y étais bel et bien.
Au milieu de tout ce beau monde.
Des enfants de aux stars sur le retour venu se montrer.
Des piques assiettes.
Des profiteurs.
Des jeunes filles de 20 ans tout juste disant (morceaux choisis) :
- chérie (à une amie), tu sais, moi jusqu'à 21h je ne savais pas encore où j'allais aller ce soir..
- moi j'adore ces soirées creuvardes où on bouffe et on boit à l'oeil..
- oh du champagne ! oh du saumon ! oh !!!
Effectivement, il y a avait du champagne à profusion, des petits fours très fins à volonté, un service très classe, bien plus que les invités finalement.
Des animations à tomber (c'était une soirée organisée pour le lancement d'une collection d'une grande marque de fringue), une égérie sublimissime, le luxe, partout, les peoples, partout.
Puis peu à peu, la soirée à dégénérée.
Et ça c'est finie avec une égérie ivre morte sur la piste de danse.
Ses potes en train de lacérer (à la flûte de champagne cassée ?) les sièges de la loge vip.
Ses potes en train de se faire virer.
L'égérie hurlant sur les videurs.
L'égérie déchue. incohérente. ridicule. Et star malgré tout.
Et puis les toilettes.
La coke partout.
La baise partout.
Les portes ouvertes.
Tout le monde passe. Regarde sans voir vraiment.
Personne n'est choqué.
Dans l'entrée des gars lookés demandent à l'hotesse où est la dope.
Elle manque de s'étrangler, et leur demande de partir.
Elle vient me raconter la scène.
Et toutes les deux, les yeux dans le vide, on se demande ce qu'on fout là.
Comme dans un livre de Lolita Pille.

