31.10.06

Quand le passé s'agrippe à moi


Ce parfum de nos années mortes
Ceux qui peuvent frapper à ta porte
Infinité de destin
On en pose un, qu'est-ce qu'on en retient?
Le vent l'emportera
Pendant que la marée monte
Et que chacun refait ses comptes
J'emmène au creux de mon ombre
Des poussières de toi
Le vent les portera
Tout disparaîtra
Le vent nous portera

Depuis de longues semaines, je vis comme dans un rêve.
Tout est beau, tout est doux, tout est tendre.
Je me suis assez lamentée du manque d'inspiration qu'occasionne mon bonheur.
Ce matin j'ai craqué.
Fondu en larmes dans le train.
Une grosse boule coincée au fond de la gorge.

Retour en arrière. Samedi matin.
Appel en absence, 6h05.
Pas de nom affiché, mais je reconnaîtrais entre mille ce numéro.
Un certain marseillais dont je pensais m'être désintoxiquée.
Tout faux.
Pourquoi maintenant ?
samedi après-midi.
Seule sur un parking, je tourne et retourne mon téléphone.
Je n'appelerais pas.
Ca me démange.
Alors j'appelle tout le monde. Et n'importe qui.
Le voyant de batterie clignote. Je suis sauvée.
Je ne peux plus l'appeler.
Dimanche. Rentrée à l'aube. Comaté tout l'après-midi.
Beaucoup pleuré à cause d'une dispute de rien qui a pris des proportions démesurées dans ma tête.
L'effet du coup de fil se fait ressentir.
Je suis à nouveau angoissée.
Lundi. Je pensais appeler le midi, pour en avoir le coeur net : appel d'urgence ou erreur d'un matin embrumé de retour de fête ?
Je me rends compte que j'ai peur de savoir.
Et si ce n'était qu'une fausse manipulation ?
Si c'était le cas, il aurait laissé sans le savoir un message.
Or, pas de message.
Jamais de message.
Il sait sans que l'on en ai jamais parlé.
Ne pas laisser de message.
Qui alors ? peut-être pas lui.
Peut-être une prétendante jalouse. Une ex revancharde. Que sais-je.
Moi je voudrais que ce soit lui.
Délibérément.
Je voudrais qu'il me dise qu'en rentrant ce matin là il a craqué.
Qu'il fallait qu'il me parle. Qu'il avait besoin d'entendre ma voix.

Et je serais bien dans la merde !

La semaine dernière, je discutais avec une amie qui avait depuis quelques années une relation houleuse avec son ami. Les années passent, les caractères se lissent, l'amour se confirme.
Aujourd'hui tout va bien, et elle est plus inquiète encore que lorsqu'elle trouvait des messages ou sms un peu limite sur le portable de son homme.
Elle pense que lorsque tout va bien en apparence, ce n'est en fait qu'illusion, et que ça cache forcément quelque chose.
Elle me demande où j'en suis avec mes annuels pétages de plombs.
Je lui répond que c'est fini. Que j'ai enfin compris que si je pensais à l'autre c'était dans les moments où ça n'allait pas. Un palliatif.

Seulement là, tout va bien et je me retrouve de nouveau le coeur battant et les mains tremblantes à la simple idée de l'appeler tout à l'heure.

Je suis une conne.
Je me rends malheureuse consciemment.
Et je me demande bien ce que je peux attendre de tout ça car je sais qu'il n'y a pas d'issue.

J'ai envie de le voir.
Et rien ne pourra jamais me le faire oublier.

3.10.06

Les gens heureux n'ont pas d'histoire

C'est pas de moi bien-sûr, c'est de Cocteau.
Mais ça vous le saviez...

En tout cas ça colle vraiment à ce que je vis en ce moment.
Je suis heureuse, et ça me rend presque triste.
Paradoxal ?
Pas tant que ça en fait.
Je cherche perpétuellement la montée d'adrénaline, le battement de coeur à tout rompre, le frisson.
Donc forcément, en ce moment où tout va bien chez moi et où ma famille n'a jamais été aussi unis et heureuse, bah je me fais un peu chier !
J'ai un peu honte d'écrire des choses comme ça quand on sait que des gens donneraient tout pour être à ma place.
Ne m'en veuillez pas, c'est plus fort que moi.
Il est dans ma nature profonde d'être volage.
Et je me bats chaque jour contre cette nature.
Car volage j'étais encore plus triste. Mal même. Très mal.

C'est vrai que les gens heureux n'ont pas d'histoire(s).
Je vois la vie en rose, mon amour me manque dès qu'il n'est plus près de moi, mon coeur s'emballe lorsqu'il me serre dans ses bras, m'embrasse, me touche.
Mon fils va bien : l'école, les potes les loisirs
mes parents vont bien aussi
mes amis idem
mon boulot,
celui de mon homme,
nos projets...
chiant je vous dis !
Rien à raconter de croustillant !
Et puis, heureuse et pas envie de m'étendre...
Je ne sais pas si ça fait ça à tout le monde, mais moi je n'écris bien que lorsque je suis, si possible, bien triste et bien défoncée !
Après, c'est moins drôle, moins profond, moins poétique.
M'enfin, je vais pas non plus me plaindre d'aller bien, hein ?

Petit message en apparté pour Cochaoïne :
mais vas-y bordel, t'attends qu'il se tire avec une autre, hein ? t'auras l'air maline !
Et puis d'abord, si, t'es normal, c'est les autres qui sont vraiment bizarres...
En tout cas je t'embrasse fort.
Te laisse pas envahir par de sombres pensées, t'as trop à faire pour ça !

Sur ce je vais retourner à ma vie chiante, et essayer de pimenter un peu tout ça !