19.4.06

Family Portrait


Les cloches sont bien passées ce week-end, et nous ont sonné !
J'ai eu ce lundi le privilège de fêter Pâques dans ma belle-famille, qui n'a de belle que le nom.
Ca faisait tellement longtemps que je n'y étais pas allé que je n'arrive même plus à me souvenir combien exactement !
Je pense dans les 3 ans. Peut-être plus. Je ne me rends pas bien compte.
On y allait plus parce-que c'est une famille un peu spéciale, un peu difficile à assumer : père alcoolique et violent, mère soumise et battue, enfants livrés à eux-même et battus aussi un peu à l'occasion.
Et des faiseurs d'histoires pas possible !
Toutes les semaines une nouvelle embrouille !
Ah, ça, on ne s'ennuie jamais, toujours une histoire à raconter !

Donc, depuis tout ce temps que je n'arrive plus à déterminer, mon homme ne parlait plus à son père, et, du coup ne voyait quasiment plus sa mère non plus.
Mon beau-père déprimait de ne plus voir son petit favori.
Mon beau-frère déprimait de devoir supporter ses plaintes, alors que lui-même faisait l'effort de venir le voir.
Ma belle-mère déprimait de se voir de nouvau privée d'un de ses enfants (c'est le deuxième qui ne les vois plus), mais ne faisait pas grand-chose pour le voir (à peine un sms pour son anniversaire...).
Les plus jeunes déprimaient de ne plus voir l'un de leurs grands frères.
Mon homme déprimait d'avoir une famille aussi pourrie, et n'était pas en paix avec lui-même. Trop de choses enfouies, trop de non-dits, trop de souffrances.
Souvent il a craqué.
Souvent il a espéré que le décès de son père pourrait tout arranger.
J'ai toujours essayé de lui ouvrir les yeux sur ce point : non, rien ne changera, mais ton père ne sera plus là et je crois que tu as des comptes à régler avec lui. Va le voir. (Surtout que pour le moment, rien n'indique qu'il pourrait brutalement nous quitter !)
Pourtant, ça me coûte vraiment de devoir dire ça, parce-que ça signifie que je vais devoir y aller ! mais bon, mon homme avant tout !
Donc, lundi de Pâques, direction l'enfer.
J'ai tristement constaté que rien n'a changé. Si ce n'est que mon beau-père est maintenant bien souvent trop bourré pour être méchant.
J'ai donc eu le droit à ses larmes gluantes. Ses je t'aime. Ses remerciements pourtant lourds de reproches. Comme si c'était de ma faute si mon homme ne venait plus. Alors que non. Malgré tout ce que j'ai enduré, je n'y suis pour rien. Il a pris seul cette décision.
En plus, je sais que ses parents ne m'aiment pas, donc les mercis et les je t'aime, ils me sont restés en travers.
Grave !
Il y a eu aussi les explications, et là je me suis éclipsée.
Mais que dire à mon fils qui me demande : "pourquoi papy tonton et papa ils pleurent ?"
Argh ! les boules.
Et que dire encore quand à la fin du dîner il dit à son grand-père qui titube péniblement jusqu'aux toilettes : "qu'est-ce qu'il y a papy, t'as trop bu ?".
Mon beau-père l'a super mal pris. Mais quoi ? Dix minutes après cet épisode, il demande à ma belle-mère si on a mangé.
Bien sûr qu'on a mangé. On vient même de finir le café.
Croit-il que mon fils est aveugle ?
Ou n'a t'il aucune conscience de son état ?
Toujours est-il qu'il me répugne toujours autant et que je vais devoir me faire violence si je dois y retourner.

Je ne sais pas ce qui a été dit en mon absence. Et ça ne me regarde pas forcément.
J'ai posé une ou deux questions, mais comme mon homme m'a vaguement répondu, j'en ai déduit qu'il n'avait pas envie d'en parler.
Alors je l'écouterais quand il en aura besoin.
Je serais toujours là pour lui. Toujours.

Je l'aime énormément. Et je l'admire tout autant.
Ca vaut bien quelques sacrifices...

5.4.06

A toi que je ne verrais pas (Part II)

Je me demande si j'ai la poisse, ou si nous avons vraiment un destin !

La semaine dernière, je devais me faire opérer. J'avais ensuite prévu plusieurs jours de repos pour me remettre.
La veille au soir de cette opération, je reçois un coup de fil pour le moins inattendu : mon amour marseillais ! l'homme qui me fait vibrer et auquel je pense quasiment chaque jour. Celui qui aura toujours une petite place au fond de mon coeur, celui qui me manque mais avec lequel je ne peux pas vivre, celui que j'ai déjà raté il y a quelques mois...
Bref, il m'appelle pour me dire qu'il sera là ce week-end !
Noooooonnnnn !
Tout, mais pas CE week-end !
En rentrant, je prépare donc le terrain d'une éventuelle absence samedi soir si je vais bien.
En même temps, j'avais comme un doute, et je lui en fais part : je ne suis absolument pas sûre d'être en état de sortir samedi. Pas sûre du tout !
Et de plus, mentir à mon chéri qui a (finalement) gentiement prit des congés pour s'occuper de moi, je ne m'en sentais pas tellement capable.
Me voilà à la veille de mon opération complètement dépitée !
Je préviens donc mon marseillais que je l'appelerais sous deux jours pour qu'on voit tout ça.

Arrive l'opération. Tout va bien. Je suis zen.
Jusqu'au moment où l'infirmière stagiaire me plante des aiguilles partout sans jamais trouver ma veine.
Là, j'ai failli bondir et l'étrangler, et elle, de mauvaise foi, de répondre à sa collègue :
"oui, mais bon, qu'est-ce qu'elle a la peau dure !"

Opération terminée, rentrée chez moi le soir, complètement dans les vaps.
D'ailleurs, je suis restée dans les vaps deux jours entier...
Du coup, je n'ai rappelé mon "amant imaginaire" que trois jours après, pour lui dire qu'on allait pas pouvoir se voir, car j'étais in-ca-pa-ble de sortir de chez moi.
Le pire, c'est que c'était complètement vrai !
Vrai de vrai !
Tant pis m'a t'il dit. Ce sera pour la prochaine fois.
Il revient peut-être à la fin du mois.

Mais je vois d'ici, gros comme une maison, qu'il va encore y avoir quelque chose pour m'empêcher de le voir. Sûr !
J'ai donc envisagé qu'on avait peut-être vraiment un destin, et que le mien ne veut surtout pas que je revois ce tentateur !
Peut-être a t'il raison. Surement d'ailleurs. Je ne ferais que m'embrumer le coeur et le cerveau alors que je suis pourtant très heureuse avec mon chéri !

Ah là là !
Toi que je ne verrais pas !
Te reverrais-je quand-même, rien qu'une petite fois ?