Le point de rupture

Les 10, voir 15 jours précédents ont été un peu rudes.
J'ai beaucoup cogité pendant mes vacances, et j'ai ouvert les yeux sur pas mal de choses que je voulais voir changer.
Certes, je m'y suis un peu mal prise !
J'y ai été un peu fort.
J'ai annoncé trop franchement la couleur.
Et mon homme n'a pas trop encaissé.
Ca lui est même carrément resté en travers de la gorge.
J'ai notamment décidé que je ne sortais pas assez, que je voyais trop souvent les mêmes gens.
Donc, quand est arrivée une invitation à un vernissage, j'ai sauté sur l'occasion.
J'en ai d'abord bien entendu parlé à mon homme. Ca ne lui disais rien. J'ai insisté. Toujours pas. J'ai lourdement insisté. Rien. Je me suis arrêtée juste avant de me jetter à ses pieds pour le supplier.
Et il me lance, innocemment :
" mais vas-y toi si tu veux !"
Et moi de répondre :
" bah oui je vais y aller. je vais demander à F. si ça la branche !"
Là, il se décompose. Mais ne dit plus rien.
Le lendemain je lui en reparle, et lui dit que F. est ok. Ca la branche bien.
Livide, il me fait la gueule juste après m'avoir dit que j'aurais pû lui en reparler. Je lui dis que si il veut, il peut toujours venir.
Pendant 4 ou 5 jours il m'a ignoré. Quand je tentais de lui parler, c'est limite si j'avais une réponse. Ca devenait vraiment très pesant. Mais je n'ai pas céder. Je pense que jusqu'au bout il a espéré que j'annulerais. Mais que nenni ! j'ai fait ce que j'avais décidé. Et j'ai d'ailleurs passé une très bonne soirée.
Sauf que quand je suis rentrée il était couché, et m'avait laissé un bordel incommensurable dans la cuisine. J'ai patiemment tout rangé. Me suis fait une petite dinette devant nrj12. Et ai traîné un maximum pour ne pas aller me coucher.
Je me suis posée beaucoup de questions.
Il m'a encore fait la gueule pendant 2 jours.
Un soir où on était tous les deux et où on aurait pû crier et tout casser si le besoin s'en faisait sentir, j'ai amorcé la conversation. En fait, je l'ai même carrément harcelé.
Le problème quand justement il y en a un, c'est qu'il ne parle pas. Il garde tout pour lui, jusqu'à ce que ça lui ai tellement retourné le cerveau qu'il pète un câble.
Je lui ai expliqué que je ne suis pas sa chose. Que j'ai une vie, des envies, et qu'il ne peut pas tout décider pour moi.
Il a dû mal à encaisser.
L'histoire se finit bien.
Mais jusqu'à quand ?
Jusqu'à la prochaine fois où je voudrais faire quelque chose qu'il n'a pas envie de faire, ou pire, quelque chose sans lui ?
J'ai bien réfléchi pendant tous ces jours sans un mot, et je me suis dit que même si je l'aime, je ne suis pas prête à subir ça.
Le point de rupture n'était pas loin.
Le point de non-retour. Celui dont je sais que si je le franchis, je ne regarderais plus jamais mon homme du même oeil. Et je ne pourrais plus supporter ni son regard, ni ses caresses.
J'espère qu'il comprend qu'il s'approche des limites et qu'il faut qu'il s'arrête maintenant.
Je serais vraiment malheureuse de le perdre.
Je ferais des concessions. Encore. C'est sûr. Mais moins.
Je ne veux pas le perdre.
Je l'aime, c'est dur !


