9.12.04

Engueulade du soir....

Désespoir !
Hier soir on s'est engueulé fort avec mon chéri. D'ailleurs, hier soir, je n'aurais pas dit "mon chéri". Il a eu des mots durs. C'est que, Monsieur, y faut pas lui casser les couilles ! Et quand il est énervé, il ne sait dire que ça. Je lui ai fait remarquer. "Avec tes trois mots de vocabulaire !". Il n'a toujours pas encaissé. Il ne me parle même plus. En fait, je n'ai pas fait exprès, mais j'ai touché un point très sensible. Pourtant, je le savais, et j'aurais dû me taire. C'est vrai qu'il n'a pas poussé les études très loin, et que si à l'époque ça le faisait marrer de se faire virer et de se taper des bulles, aujourd'hui il a un peu les boules. Et comme moi j'ai fait des études et que j'ai un QI bien supérieur à la moyenne (non, non ! c'est pas des conneries), je crois qu'il se sent parfois inférieur. Alors que je serais incapable de faire ce qu'il fait, et qu'il le fait très très bien. Il y a des gens manuels, et des gens intellectuels. Ca existe depuis toujours, et c'est très bien comme ça. Et les intellectuels ne sont pas plus intelligents que les manuels, qu'on se le dise ! Ils sont à la rigueur peut-être plus cultivé. Basta !
Bref, j'ai dit quelque chose que je n'aurais pas dû. Même si remis dans son contexte, on comprend bien que je n'ai pas voulu dire qu'il n'avait que trois mots à son vocabulaire, mais bien qu'il fallait qu'il change de disque pour que l'on puisse avoir une discussion plus constructive que "me casses pas les couilles".
Alors j'attends qu'il m'appelle. Parce-que normalement il m'appelle tous les midis. Mais je sens bien que là, mon téléphone ne va pas sonner. Du coup, on se fera encore la gueule ce soir, et ça va me déprimer. Je ne suis pas du tout rancunière (enfin, pas avec mon amoureux, et bon, même pas trop en général), et je déteste les situations tendues comme ça. Mais lui, il aime bien jouer l'homme fort et dur que la situation ne touche pas. Il me prend de haut, et me dit d'assumer. En fait, quand il est comme ça, je crois qu'il ne m'aime plus. Lui croit que c'est une technique de réconciliation. Pas du tout. Dans ces moments là je pense vraiment qu'il ne m'aime plus. Parce-que moi je ne pourrais pas le laisser comme ça, tout triste, tout penaud, tout repentant, sans le prendre dans mes bras et lui pardonner. J'ai trop besoin de lui. Le jour où je réagirais comme ça, je sais que ça voudra dire que je ne l'aimes plus. Alors bêtement, je pense qu'il réagi comme moi...
En fait, je crois que je manques un peu (beaucoup !) de confiance en moi. J'aimerais qu'il me dise tout le temps qu'il m'aime. Qu'il me prenne dans ses bras. Qu'il me fasse des petits cadeaux, des marques d'affection. Il n'est pas vraiment tout ça, mais ce n'est pas pour autant qu'il ne tient pas à moi. Et ça j'ai dû mal à l'intégrer. Je suis en manque permanent d'amour. C'est triste.

J'aime trop, et je me détruit !

3.12.04

Nicolau Torrès-Lopèz

Souvenirs-souvenirs...

J'ai entendu ce matin à la radio une chanson espagnole, dont je suis incapable de donner le nom, mais qui doit être dans l'air du temps car elle passe souvent en ce moment !
La musique éveille toujours en moi des souvenirs. Inversement à chacun de mes souvenirs correspond une musique. D'ailleurs, le souvenir que je me suis pris en pleine face ce matin dans ma voiture est normalement orchestré par la Corrida de Cabrel. Parce qu'elle était sortie à cette époque, et que mon histoire se situe en Espagne. Costa Brava. Un mois d'août, il y a.... pffff ! au moins 10 ans (merde ! tout ça !). Peut-être même 12 en fait, car je devais avoir dans les 14-15 ans.
Quasiment tous les ans je partais en vacances avec mes parents sur la Costa Brava, que j'adore. A force, on se rend compte qu'on n'est pas les seuls à y venir aux mêmes périodes,et on fini par se faire des amis de vacances, qu'on ne voit qu'en vacances, mais qu'on est toujours heureux de retrouver (big up à Karim que j'adore ! et qui n'a rien à voir dans l'histoire, car il n'était pas là !). Sur la plage, toute une bande, il y a toujours des nouvelles têtes qui viennent s'ajouter, et toutes les nationalités se mélangent dans les éclats de rire. C'est comme ça que j'ai rencontré Nicolau. Que l'on appelera Nico, ce sera + simple. Un bel espagnol, pas du typé (blond, les yeux bleus), mais tellement craquant. Il avait une bouille de bébé, et une grosse moto pour contraster. Et aussi un corps sublime qui n'avait rien à envier aux tops des magazines. Et ce fût le coup de foudre. Nous ne nous sommes plus quittés. Nous avons fait l'amour sur toutes les plages, dans les criques, derrière la cabane de la Creu Roja (les secouristes)... Je déconseille d'ailleurs et les plages - trop de sable peut nuire à la douceur d'un calin - et les criques - surtout quand elles sont rocheuses.
De retour en france, j'ai vécu de longs moments de solitudes, et de courts moments d'extases quand on s'appelait. Courts, parce-que je ne parlais pas espagnol, et qu'il ne parlait que 3 mots de français. Sur place, ça n'avait posé aucuns problèmes, là c'était un peu plus compliqué ! Il m'envoyait aussi souvent de douces lettres, qu'il faisait traduire par un copain, et des petits cadeaux, dont une jolie gourmette gravé de mon prénom, et du sien sur l'envers, avec la date. Je l'ai toujours. Je ne pourrais pas m'en séparer. Ce serait comme le tuer. Pourtant, aujourd'hui il ne souvient peut-être meme plus de moi.
Nous avons ainsi tenu un an, à nous donner régulièrement des nouvelles. Mais il me disait avoir de plus en plus de pression de sa famille. Je n'étais pas pour lui une bonne fréquentation, et en plus pas espagnole du tout, et pas décidée à venir y vivre. L'été suivant, après avoir supplié mes parents (qui ne pouvaient pas partir pour des raisons professionnelles), ma mère s'est décidé, et d'un coup de Volkswagen elle m'a emmené à Gérone pour le voir. C'était doux, et tendre, et ça sentait la fin. Sa famille l'envoyait à la rentrée chez une tante, pour travailler dans son bar. Il avait aussi prévu un mariage, qu'il avait refusé. Mais devant tant de pressions, il ne savait plus trop comment s'en sortir. Il pensait venir en france. Apprendre la langue, et s'installer. Pour moi. Mais il fallait pour cela mettre de l'argent de côté, et être sûr de nos choix. J'ai passé le reste de la semaine au bord de la mer. Il venait me voir aussi souvent qu'il le pouvait. Je suis rentrée le coeur gros, dans l'incertitude de notre hypothétique avenir.
Je l'ai appelé à de nombreuses reprises. Ses parents m'ont toujours dit qu'il n'était pas là. Puis un jour il m'ont dit de ne plus l'appeler, qu'il était partit.
J'ai eu un coup de fil une fois. Longtemps après. Il était à Barcelone, chez sa tante. Travaillait dans son bar, comme prévu. Il m'a expliqué n'avoir jamais eu mes messages. Et aussi que ses parents ont détruit tout ce qui me concernait avant de l'exiler. Je crois que j'étais le diable pour eux. Il ne voulait pas de moi pour leur fils. Pourtant, je l'aimais sincèrement. Alors je lui ai souhaité bonne chance dans la vie, et lui ai dit que je ne l'oublierais jamais.

Et je ne l'ai pas oublié... mon bel espagnol, où es-tu aujourd'hui. Qu'ont-ils fait de toi ? Etais-ce donc le meilleur chemin pour toi ?